Comment renforcer la transparence dans la gestion des ressources publiques et du patrimoine des dirigeants sénégalais ? Lors d’un point de presse de Pastef, le député Amadou Ba a défendu Ousmane Sonko face aux accusations portant sur les fonds publics et l’utilisation d’équipements administratifs.
Le parlementaire a expliqué que plusieurs dépenses réalisées sous la responsabilité d’Ousmane Sonko répondaient, selon lui, à des urgences de fonctionnement. Il a évoqué l’état de certains locaux administratifs, avec des systèmes de climatisation en panne, des ascenseurs défectueux et un déficit d’équipements nécessaires au travail des agents.
Amadou Ba s’est aussi exprimé sur l’achat de véhicules destinés aux services de l’administration. Il affirme que ces opérations ont été menées dans un cadre régulier et que l’État a pu utiliser des biens saisis, récupérés après des procédures administratives ou acquis lors de ventes aux enchères. Ces véhicules et autres biens resteraient la propriété de l’État, a-t-il insisté. Les explications ont été rapportées par EMedia.
Le député a dénoncé une campagne de dénigrement visant Ousmane Sonko. Selon lui, les audits et les contestations engagés n’ont pas établi un enrichissement personnel du Premier ministre à partir des ressources publiques mises à sa disposition.
Sur les fonds politiques et les dotations accordées aux hautes autorités, Amadou Ba a soutenu qu’ils servent à couvrir des dépenses liées à l’exercice des fonctions et à certaines nécessités de souveraineté. Il estime que leur utilisation ne peut pas être automatiquement assimilée à une infraction lorsque les dépenses concernent le fonctionnement de l’État.
La proposition annoncée par son groupe parlementaire porte sur la déclaration de patrimoine auprès de l’Office national de lutte contre la fraude et la corruption (OFNAC). Elle viserait notamment à modifier l’article 18 de la législation en vigueur afin de supprimer la confidentialité qui encadre actuellement ces déclarations.
Une loi sur le patrimoine pourrait ainsi permettre au public d’accéder aux déclarations des hautes autorités, des ministres, des directeurs généraux et des élus concernés. L’objectif affiché est de suivre l’évolution de leurs biens immobiliers, comptes bancaires et autres avoirs au début et à la fin de leurs mandats ou fonctions.
En août 2025, Babacar Ba, du Forum du Justiciable, avait appelé le président de la République à supprimer les caisses noires ou à créer un fonds dédié, estimant que les fonds politiques échappaient au contrôle de l’Assemblée nationale, de la Cour des comptes et de la justice.
Amadou Ba affirme que la réforme envisagée soumettrait la majorité et l’opposition à la même exigence de reddition des comptes. Son groupe entend déposer cette proposition de loi à l’Assemblée nationale.

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