Abdourahmane Sarr redoute que le FMI ne dévoile les nouvelles orientations économiques du Sénégal

Le président du CEFDEL et ancien ministre de l’Économie, Abdourahmane Sarr, estime que la nouvelle mission du FMI au Sénégal intervient à un moment décisif pour les orientations économiques du pays. Alors que la DPG est toujours attendue, il redoute que le Fonds ne soit le premier à dévoiler les grandes lignes des choix du gouvernement, appelant ce dernier à assumer des orientations claires et à obtenir le feu vert de l’Assemblée nationale.

Pour lui, l’enjeu n’est pas d’être « pour ou contre le FMI », mais d’assumer les choix de politique économique et d’obtenir l’adhésion de l’Assemblée nationale.

Alors que la Déclaration de politique générale (DPG) du Premier ministre est attendue avant la fin du mois d’août, Abdourahmane Sarr relève qu’elle n’est, à sa connaissance, toujours pas programmée.

Dans le même temps, le FMI mène une mission au Sénégal, jusqu’au 1er septembre, avec pour objectif de parvenir à une « convergence de vues sur les politiques et les réformes » susceptibles d’être accompagnées par un nouvel accord.

« On peut donc comprendre que le gouvernement souhaite d’abord savoir sur quelles politiques et réformes une convergence de vues avec le FMI est possible avant de présenter sa déclaration de politique générale », analyse-t-il sur X.

L’ancien économiste du FMI alerte toutefois sur le calendrier. Selon lui, si la DPG n’est pas présentée avant la fin de la mission, le FMI pourrait être amené à dévoiler le premier les grandes orientations retenues.

Abdourahmane Sarr voit par ailleurs dans l’ajustement des prix des produits pétroliers un premier signal de rapprochement entre Dakar et l’institution financière internationale.

« L’ajustement des prix des produits pétroliers était certainement un premier pas vers la convergence », estime-t-il.

Pour lui, le gouvernement doit désormais clarifier ses choix et rechercher l’adhésion parlementaire, notamment parce que les prochaines lois de finances devront être cohérentes avec le cadrage économique issu des discussions avec le FMI.

« Il s’agit à présent d’assumer des orientations claires et d’avoir le consentement de l’Assemblée nationale », insiste Abdourahmane Sarr, qui considère qu’une LFR et une LFI alignées sur le nouveau cadrage constitueront également des préalables.

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