Abdoulaye Wilane, ancien député et porte-parole du Parti socialiste (PS), s’inquiète de la banalisation de la transhumance politique au Sénégal. Dans un entretien à L’Observateur, il a dénoncé des changements de camp fréquents qui, selon lui, fragilisent la démocratie en érodant la confiance des citoyens.
Pour le responsable socialiste, les Sénégalais sont davantage préoccupés par des questions essentielles — sécurité, emploi, pouvoir d’achat, éducation, santé — que par les querelles partisanes. Il appelle de ses vœux une opposition structurée, capable non seulement de critiquer le gouvernement, mais aussi de proposer des alternatives et de participer au débat national, comme il l’a confié à leral. « L’opposition est indispensable au fonctionnement démocratique », a-t-il rappelé, en insistant sur la nécessité d’avoir des forces politiques qui exercent pleinement leur rôle de contrôle.
Wilane estime que les changements de camp fréquents brouillent les repères idéologiques et éloignent les citoyens de la politique. Ce constat rejoint l’alerte lancée en novembre 2025 par Omar Sow, responsable de l’APR, qui avait alors critiqué la coalition Diomaye Président, accusée de favoriser la transhumance.
L’ancien élu s’est également exprimé sur la proposition de loi visant à retirer leur mandat aux élus locaux qui changeraient d’appartenance en cours de mandat. S’il y voit une préoccupation démocratique légitime, il appelle à la prudence et insiste sur le respect de la Constitution. Il plaide pour un large consensus afin de concilier liberté politique et stabilité institutionnelle.
Sur le financement public des partis, Abdoulaye Wilane juge le débat pertinent. Il estime qu’un mécanisme transparent pourrait renforcer la responsabilité des formations politiques, à condition d’être encadré par des règles claires et équitables. Il revendique par ailleurs l’héritage du PS, citant Senghor, Diouf et Tanor Dieng comme des exemples de fidélité politique.

Sacré hommes politiques malhonnêtes ! Il ne l’avait pas dénoncé au temps de Macky Sall, son grand allié de l’époque.
Ceux qui ont un certain vécu se rappellent encore avec amertume des massives désertions de tous les partis politiques d’alors (1980/1999) vers le Parti Socialiste de Diouf-Tanor-Wilane… Ainsi va le monde.
Bienvenue cette nouvelle lucidité quand même… »seuls les imbéciles ne changent jamais d’idee »