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Une journée décisive au Zimbabwe pour le sort de Robert Mugabe

Robert Mugabe a surpris tout le monde dimanche soir. En effet, le président du Zimbabwe n’a pas annoncé sa démission comme cela était pourtant attendu vu le contexte. Le plus vieux président en exercice du continent est désavoué par l’armée qui a pris le contrôle du pays la semaine dernière, il est contesté par sa population et a même été démis de ses fonctions par son propre parti.

Les événements de ce dimanche rajoutent de nouvelles questions à la longue liste des interrogations qui s’accumulent depuis presque une semaine maintenant. Il y a d’abord un aspect légal. En effet, comment Robert Mugabe peut-il espérer présider le congrès de son parti au mois de décembre alors qu’il n’en est plus président ?

La Zanu-PF a donc donné un ultimatum au chef de l’Etat en disant que s’il ne quittait pas le pouvoir avant midi, ce lundi, le Parlement devait prendre les choses en main en lançant une procédure de destitution. L’ultimatum a expiré sans nouvelle du chef de l’Etat. D’après le chef du groupe parlementaire du Zanu-PF, 80% des députés de la majorité seraient prêts à soutenir une destitution de Robert Mugabe. Donc s’il dit vrai, et c’est probable, celle-ci aurait toutes les chances d’aboutir.

Le Parlement doit donc se réunir demain mardi et il en sera évidemment question. Les parlementaires de la Zanu-PF sont réunis depuis le début d’après-midi pour discuter du cas Mugabe. Ils planchent sur un projet de motion de destitution. Un texte qui qualifie Robert Mugabe de « source d’instabilité du pays » pour avoir démis deux vice-président en quatre ans. Il y est aussi accusé d’avoir « renoncé à son mandat constitutionnel » au profit de sa femme, Grace, qui se permet des déclarations publiques sur des questions gouvernementales. Le projet de motion l’accuse encore de ne pas respecter l’Etat de droit et lui impute la responsabilité de « la chute sans précédent de l’économie » ces quinze dernières années. Les parlementaires du MDC, le principal parti d’opposition, doivent quant à eux se réunir demain mardi pour définir la leur ligne quant à cette motion.

Concrètement, la procédure peut être engagée par exemple sur les charges « d’incapacité » ou de « violation de la Constitution » notamment, si la majorité l’emporte au sein des deux chambres, Assemblée et Sénat. Ensuite, une commission mixte issue des deux chambres devra dire si, le président doit être destitué, et motiver sa réponse. Cette commission doit ensuite soumettre sa décision aux parlementaires des deux chambres. Selon l’article 97 de la Constitution, la destitution sera effective qu’une que si les 2/3 des parlementaires votent en sa faveur.

Si elle est effectivement engagée, cette procédure de destitution prendra donc du temps. D’ici là rien n’empêche le président de finalement décider de démissionner de lui-même, même s’il n’en a pas été question un instant hier soir dans son discours télévisé. Pour rappel, Robert Mugabe a même pris tout le monde de cours en indiquant qu’il dirigerait les travaux du Congrès de la Zanu PF le mois prochain.

Avec Rfi

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