UCAD : retards de bourses et déficit de dialogue, selon une étude de l’Organisation nationale des droits de l’homme

Les tensions récurrentes au sein de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar trouvent leur origine dans une combinaison de facteurs économiques, institutionnels, organisationnels et relationnels. C’est la conclusion d’une étude menée par l’Organisation nationale des droits de l’homme (ONDH), avec l’appui du Collectif des organisations de la société civile pour les élections (COSCE), dont les résultats ont été restitués ce vendredi 24 juillet 2026 au West African Research Center (WARC).

Réalisée entre le 20 avril et le 22 juin 2026 dans le cadre du projet « Saxal Jamm », financé par l’Union européenne, l’enquête a interrogé 306 étudiants, sur un objectif initial de 400, et a mené 15 entretiens avec des enseignants, personnels administratifs et le directeur adjoint du Centre des œuvres universitaires de Dakar (COUD). Les retards dans le paiement des bourses demeurent le principal facteur de crispation, note Sud Quotidien, mais l’étude souligne aussi des insuffisances dans la gouvernance, la communication et le dialogue entre les composantes de l’université.

Ces conclusions font écho à des épisodes violents récents. En novembre 2025, une grève étudiante pour le paiement intégral des bourses avait dégénéré en affrontements avec les forces de l’ordre, faisant des blessés. Quelques jours plus tard, la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH) appelait au calme et au dialogue. Le sociologue Dr Pascal Oudiane, de l’Université Gaston Berger, pointait déjà, en février 2026, une inadéquation dans le dialogue entre autorités et étudiants comme racine profonde des crises.

Lors de la présentation des résultats, Me Habibatou Samb, secrétaire générale du COSCE, a comparé le climat étudiant à une « cocotte-minute » prête à exploser, rappelant le décès de l’étudiant Abdoulaye Ba, toujours au cœur des préoccupations selon Sud Quotidien. Le président de l’ONDH, le Pr Samba Thiam, a quant à lui souligné le lien étroit entre conditions de vie et conditions d’études.

Les auteurs de l’étude préconisent une approche globale : renforcement du dialogue permanent, gouvernance plus inclusive et prévention des crises. Le projet « Saxal Jamm », porté par le COSCE, le GRADEC et l’ONG 3D, est financé par l’Union européenne.

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