Les dahiras de Tivaouane, jusque-là principalement mobilisées autour de la prière, des dons et de l’entraide, doivent désormais accueillir des projets productifs. Les autorités locales et les responsables religieux portent l’initiative « Une Dahira, une activité économique », dans une logique de complémentarité entre l’État et les autorités religieuses. Cette orientation a notamment été évoquée lors de la rencontre entre le ministre de l’Intérieur, Mouhamadou Makhtar Cissé, et le khalife général des Tidianes à Tivaouane, rapporte Africtelegraph.
Le dispositif vise à associer chaque dahira à une activité génératrice de revenus. Le maraîchage, l’artisanat, la transformation agroalimentaire et les services de proximité font partie des secteurs envisagés. Cette initiative économique doit s’appuyer sur les cotisations, l’organisation interne et la capacité des dahiras à mobiliser leurs membres.
Des activités à formaliser
Les promoteurs veulent orienter une partie des flux financiers déjà présents dans ces structures vers des unités productives déclarées. La formalisation pourrait faciliter l’accès au crédit bancaire, aux mécanismes de la Délégation à l’entrepreneuriat rapide et à l’accompagnement destiné aux petites et moyennes entreprises.
Les dahiras candidates pourraient bénéficier d’études de faisabilité, de formations en gestion et d’une mise en relation avec des partenaires financiers. L’aviculture, la couture, la boulangerie, la transformation des céréales locales et le petit commerce figurent parmi les pistes évoquées.
Chaque projet doit fournir des revenus à la structure religieuse et ouvrir des possibilités d’emploi pour les jeunes disciples. L’initiative entend aussi réduire la dépendance de l’économie locale aux périodes de forte affluence liées au Mawlid, appelé Gamou, qui attire plusieurs centaines de milliers de pèlerins à Tivaouane.
Le programme est présenté comme une expérience pouvant être reproduite dans d’autres cités religieuses sénégalaises. Sa mise en œuvre dépendra notamment de la gestion des unités, de la transparence des comptes, de la formation entrepreneuriale et de la coordination avec les collectivités locales et l’État. La concertation engagée entre le ministère de l’Intérieur et le khalifat doit ainsi permettre d’articuler l’encadrement public avec la capacité d’organisation des dahiras.
Les autorités religieuses de Tivaouane comptent lancer les premières phases opérationnelles dans les prochains mois. L’objectif est de faire de ces structures des relais de création d’activités économiques durables, au-delà de leur rôle traditionnel dans la vie spirituelle et sociale.
