Taxawu Senegaal alerte sur les intrants, la mévente du riz et l’exode rural

Taxawu Senegaal a alerté sur les difficultés persistantes du monde rural sénégalais, notamment le retard des intrants, la mévente des productions et le départ de nombreux jeunes. Ce diagnostic intervient alors que les urgences économiques et sociales restent éloignées des querelles institutionnelles qui dominent le débat public. Ousmane Sène a ainsi relevé la vulnérabilité économique des ménages, les incertitudes agricoles et le coût de la vie, estimant que « la souveraineté se cultive par la détention des moyens de sa propre politique ».

Réuni en session ordinaire le samedi 12 septembre 2026 sous la présidence de Khalifa Ababacar Sall, le bureau politique a également dénoncé les tensions au sein du camp au pouvoir et les manœuvres politiques qui, selon lui, affaiblissent la confiance des citoyens. Lors du congrès constitutif de Taxawu Senegaal, Khalifa Sall avait déjà livré un diagnostic critique de la situation nationale, évoquant « les conditions dans lesquelles cette élection s’est tenue », entre reports successifs et controverses juridiques. Il déplore que les Sénégalais aient le sentiment d’un fossé entre les promesses et la réalité. La formation estime que la politique doit rester guidée par les convictions, l’éthique et le respect des engagements (lactuacho).

Dans le monde rural, l’organisation évoque l’accès tardif ou insuffisant aux intrants agricoles, la faiblesse des financements et les difficultés de commercialisation. La mévente concerne particulièrement le riz produit dans la vallée du Fleuve Sénégal, devenue un véritable « casse-tête » pour les producteurs et les acteurs de la filière. Cette situation favorise l’exode rural et expose des jeunes sans perspectives aux risques de l’émigration irrégulière.

Pour Taxawu Senegaal, la souveraineté alimentaire ne peut pas se limiter à un slogan. Elle doit reposer sur une politique agricole cohérente et durable, couvrant la production, le financement et la commercialisation, avec un accompagnement des agriculteurs, des éleveurs, des pêcheurs et des autres acteurs du monde rural. La question dépasse d’ailleurs la seule production : elle touche aussi la capacité de l’État à soutenir les filières et à honorer ses engagements financiers. Le président du Conseil national du patronat, Baïdy Agne, a alerté sur le risque de licenciements si la dette intérieure n’est pas réglée, une contrainte qui pèse directement sur les entreprises et sur l’emploi.

Le bureau politique a aussi relevé la baisse du pouvoir d’achat, la hausse du prix des carburants et des produits de première nécessité, les difficultés d’approvisionnement en électricité ainsi que les contraintes qui pèsent sur le quotidien des Sénégalais. Il demande que ces urgences deviennent une priorité de l’action gouvernementale, alors qu’une nouvelle mission du Fonds monétaire international était attendue à Dakar. Pour Ousmane Sène, les tensions institutionnelles ne doivent pas faire perdre de vue ces fragilités économiques, qui conditionnent la capacité du pays à conduire ses propres politiques.

La formation d’opposition appelle par ailleurs le gouvernement à gérer avec responsabilité et réalisme l’accord conclu avec le Fonds monétaire international. Elle estime que cet accord doit déboucher sur des politiques publiques améliorant concrètement les conditions de vie, et non constituer une finalité en soi. La maîtrise de la dette intérieure, le soutien aux entreprises et la relance des filières agricoles apparaissent ainsi comme des conditions concrètes de la souveraineté revendiquée.

Taxawu Senegaal réclame enfin des réponses urgentes sur l’emploi et l’insertion des jeunes, l’autonomisation économique des femmes, l’éducation, la gouvernance démocratique et l’État de droit. Le bureau politique a salué la qualité des échanges et l’esprit de responsabilité ayant marqué ses travaux.

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2 commentaires

  1. C’est aujourd’hui que le phénomène est installé depuis Abdou Diouf et le ministre en relation avec les assemblées khalifa Sall que l’on alerte. Bon an, mal an, l’exode c’est la mer qu’on ne peut arrêter qu’avec l’industrialisation, les produits du secteur primaire transformés avec plus-value, ce dont vous n’avez jamais été capables 40 ans durant à sacraliser le système impérialiste FMI BM et la France

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