Le Fonds monétaire international (FMI) recommande au Sénégal de renforcer la gestion statistique de sa dette publique et de réduire les écarts entre les administrations. Son évaluation, menée en mars 2026 et achevée le 12 août, reconnaît le professionnalisme des producteurs nationaux de données.
L’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD), chargée notamment des comptes nationaux et des indices de prix, ainsi que la BCEAO, obtiennent un niveau de conformité élevé. En revanche, plusieurs services statistiques des ministères sectoriels et certaines directions du ministère des Finances et du Budget disposent de moyens, de personnels et de méthodes moins harmonisés. Le FMI décrit ainsi un « système statistique à deux vitesses ».
Les recommandations du FMI portent sur trois axes : donner à l’ANSD un mandat légal de coordination du Système statistique national, instaurer un comité permanent pour rapprocher les données macroéconomiques et produire des statistiques complètes sur les finances publiques et la dette du secteur public. Lequotidien rapporte également que l’institution demande des audits réguliers, notamment sur les engagements des administrations locales, des unités extrabudgétaires et des entreprises publiques.
Le rapport relève que la centralisation des informations sur la dette reste incomplète à la Direction de la dette publique. Certains projets financés sur ressources extérieures et des engagements anciens ne sont pas directement couverts par un contrôle centralisé. La Loi de finances 2026 a toutefois interdit le recours aux « lettres de confort ».
Le Sénégal a parallèlement créé, par décret le 11 juin 2026, la Direction générale des financements et de la dette, qui regroupe des services auparavant dispersés. Une enquête du FMI indique par ailleurs que 89 % des utilisateurs jugent bonne la qualité globale des données sénégalaises.
Le Sénégal adhère à la Norme spéciale de diffusion des données depuis novembre 2017.
