Après avoir honoré sans le soutien du FMI son échéance obligataire de 485 millions de dollars en mars dernier, le Sénégal accélère la mise en place de nouveaux instruments pour dompter une dette devenue critique. Le gouvernement a officiellement lancé un processus de sélection pour recruter un conseiller financier, selon les informations d’Agenceecofin.
Parallèlement, le président Bassirou Diomaye Faye a créé par décret, le 11 juin, la Direction générale des financements et de la dette (DGFD). Cette entité unique regroupe des services jusqu’ici éclatés, source de l’opacité qui avait permis de dissimuler plus de 13 milliards de dollars d’engagements. Elle est confiée à Babacar Touré, un banquier aguerri aux marchés de capitaux, passé par l’Agence UMOA-Titres. Un profil choisi pour rassurer investisseurs et bailleurs.
L’audit du cabinet Forvis Mazars, commandité après l’arrivée au pouvoir du tandem Faye-Sonko en 2024, avait révélé un ratio dette/PIB de 111 % fin 2023, révisé depuis à près de 118,8 % fin 2024. Aujourd’hui, il frôle 132 %, selon le FMI. L’institution a suspendu fin 2024 un programme de 1,8 milliard de dollars après ces révélations, fermant l’accès du Sénégal aux marchés internationaux. La nomination de vingt-deux nouveaux responsables au sein des directions des financements et de la comptabilité publique, intervenue lors d’un récent Conseil des ministres, répond aux exigences de transparence de Washington.
Le contexte politique reste tendu. Limogé en mai dernier de son poste de Premier ministre et désormais à la tête du Parlement, Ousmane Sonko accuse le FMI d’avoir voulu pousser le pays au défaut de paiement. Mais une éclaircie se dessine. Après une rencontre avec le chef de l’État, le responsable Afrique du FMI, Zeine Zeidane, a déclaré espérer des « discussions actives » dans les dix jours et vouloir avancer « très vite » vers un nouvel accord.
