Seydou Bocoum : la baisse des taux ne protège pas le Sénégal de l’inflation importée

La baisse du taux directeur ne suffit pas à protéger les ménages et les entreprises sénégalais contre une hausse des prix venue de l’extérieur. Pour l’économiste Dr Seydou Bocoum, une réduction de 25 points de base agit surtout sur le crédit et les conditions monétaires, sans neutraliser la hausse du pétrole, du fret, des denrées alimentaires ou des intrants.

Le Sénégal reste particulièrement vulnérable en raison de la combinaison entre inflation, dette élevée, arriérés intérieurs et faible marge budgétaire. Une dépendance importante à certains produits importés accélère la transmission des prix internationaux vers les coûts domestiques. Dans ce contexte, l’économiste distingue le choc inflationniste de l’inflation structurelle et estime qu’une remontée des taux ne suffirait pas si la pression vient principalement de l’extérieur.

La réponse doit, selon lui, renforcer l’offre nationale à travers la production agricole, l’énergie, la logistique, le stockage, la transformation locale et la distribution. Ces analyses ont été rapportées par L’Observateur et reprises par Pressafrik. Dr Bocoum estime aussi que des aides ciblées peuvent protéger temporairement le pouvoir d’achat, tandis qu’une généralisation des subventions risquerait d’accroître le déficit et les besoins de financement.

Le véritable risque identifié par l’économiste est budgétaire, alors que l’État doit apurer environ 3,5 milliards de dollars d’arriérés, selon une indication rappelée par le Premier ministre. Lors d’une prise de parole à Mbour, Ousmane Sonko avait annoncé une cure d’austérité face à la flambée du baril.

Le budget national avait été calculé sur la base d’un baril à 62 dollars, alors que les cours frôlaient 115 dollars.

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