Le Sénégal attend toujours la formation d’un nouveau gouvernement après la passation de pouvoir entre Ousmane Sonko et Ahmadou Al Aminou Lo, nommé le 29 mai. Ce dernier a évoqué un ‘contexte d’urgence’ concernant les finances publiques, l’impact des crises internationales sur les prix de l’énergie et des denrées alimentaires, et les tensions sociales.
RFI Afrique rapporte que la nouvelle équipe gouvernementale devra gérer une situation financière extrêmement tendue. La dette du Sénégal, estimée à 132% du PIB, nécessite un remboursement de 1 200 milliards de francs CFA d’ici juillet 2026. Le montage financier contracté mi-2025, exposant le pays à un remboursement de 300 millions d’euros suite à la dégradation de sa note souveraine, aggrave encore cette situation.
Le pays peine à lever des fonds, avec seulement 84 milliards de francs CFA obtenus sur les 278 milliards visés en mai. Cette frilosité des investisseurs complique la situation, d’autant plus que le Sénégal doit honorer des arriérés de paiement auprès de plusieurs bailleurs, dont la Banque africaine de développement. Le nouveau Premier ministre devra choisir entre restructurer la dette avec l’aide du FMI ou continuer les remboursements en empruntant, au risque de faire défaut. Une mission du FMI, conduite par Mercedes Vera Martin, devrait débuter le 8 juin à Dakar pour des discussions techniques, en attendant la nomination du nouveau gouvernement.