Après la nomination d’Ahmadou al Aminou Mohamed Lo comme Premier ministre et l’élection d’Ousmane Sonko à la présidence de l’Assemblée nationale, le Sénégal attend toujours la composition du nouveau gouvernement.
Cette séquence intervient après les décisions prises le 22 mai, quand Bassirou Diomaye Faye a limogé Ousmane Sonko, dissous le gouvernement et ouvert une nouvelle phase de réorganisation des institutions. Dans ce contexte, la participation du Pastef à la future équipe est devenue un point central des consultations.
Mardi soir, le parti a confirmé avoir été approché par la présidence de la République en vue de la formation du gouvernement. Quelques heures plus tôt, à la tribune de l’Assemblée nationale, l’ex-Premier ministre Ousmane Sonko s’était plaint du fait que son parti n’avait pas été consulté sur la nouvelle équipe. Le Comité exécutif du Pastef dit être disponible pour une collaboration « franche et responsable », mais il l’assortit de plusieurs conditions, selon les informations rapportées par RFI Afrique.
Le parti demande d’abord le respect du programme du Pastef. Il veut aussi un engagement à ne pas restructurer la dette du Sénégal, ou à défaut un consensus fort sur cette question, qu’Ousmane Sonko a rappelée mardi après son installation à la tête de l’Assemblée. Le communiqué cite également la poursuite des renégociations de contrats stratégiques, la lutte contre la corruption, le contrôle des fonds opaques et la volonté d’intervenir dans la répartition des portefeuilles ministériels.
Le Pastef refuse par ailleurs que ses responsables soient sollicités séparément pour entrer au gouvernement. Ansoumana Sambou, membre du Comité exécutif, affirme que les discussions doivent se faire « en bloc » et qu’une éventuelle participation doit aussi se faire « en bloc », au nom de l’image du parti et de son programme. Il ajoute que Bassirou Diomaye Faye est désormais « un militant dissident » et qu’ils ne sont « plus sur la même ligne politique », pas « intégralement ».
Cette attente politique se double d’une pression financière. D’après l’analyse citée, les marchés anticipent une dépréciation de 15 % sur les obligations du Sénégal après la destitution du chef du gouvernement. Le pays doit aussi faire face à des échéances de remboursement du service de la dette prévues en juin, tandis qu’une délégation du FMI est attendue à Dakar la semaine du 8 juin.