75 % des incidents recensés autour des sites aurifères se concentrent au Burkina Faso, où la majorité des attaques surviennent dans un rayon de dix kilomètres des gisements. Cette proximité entre violences et exploitation minière illustre un mécanisme de financement terroriste via l’or, davantage fondé sur le contrôle économique que sur l’assaut direct des mines.
Le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM) et l’État islamique s’implantent dans les communautés riveraines ainsi que le long des axes routiers. Ils prennent le contrôle de villes et de routes, puis imposent des prélèvements aux mineurs artisanaux, aux exploitants industriels et aux commerçants. Les paiements peuvent se faire en or, ensuite conservé ou blanchi.
Un analyste senior de l’ACLED pour l’Afrique de l’Ouest explique que les militants taxent ou extorquent les acteurs économiques après s’être emparés des localités et des voies de circulation. La directrice de l’Observatoire d’Afrique de l’Ouest de la GI-TOC indique également que des raids contre des bases, notamment liées au JNIM, peuvent permettre aux groupes armés de détenir d’importantes quantités de métal précieux.
Les ressources circulent ensuite dans une économie clandestine installée dans des zones frontalières stratégiques, notamment dans la région de Kayes, au Mali, et le long de la frontière entre le Burkina Faso et le Ghana. Le rapport de l’Africa Defense Forum, relayé par PressAfrik, présente ainsi l’exploitation aurifère comme un moyen de financer les groupes et de soutenir leur recrutement.
Les analystes redoutent que ce modèle de prédation ne s’étende vers les pays côtiers. L’expansion du JNIM en direction des frontières du Sénégal, de la Guinée, de la Côte d’Ivoire et du Ghana pourrait reproduire plus au sud les schémas observés dans le Sahel central.
Une étude publiée le 22 juillet 2026 par l’ACLED a examiné une décennie de violences autour de 44 sites miniers répartis entre le Mali, le Burkina Faso et le Niger, membres de l’Alliance des États du Sahel. Le secteur minier fait vivre plus de deux millions de personnes au Mali.
Le Mali possède environ 800 tonnes de réserves prouvées d’or, ce qui en fait le troisième producteur africain.
