La dynamique qui avait porté Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko au pouvoir en 2024 s’est fragmentée. Le chef de l’État s’est appuyé sur Kiiraay Les Patriotes Républicains, tandis que Pastef est resté associé à l’ancien Premier ministre Ousmane Sonko, désormais président de l’Assemblée nationale.
Cette évolution a transformé l’organisation de la mouvance des Patriotes. Le parti qui avait fédéré une large partie de l’électorat autour de la rupture, de la souveraineté et de la transformation de l’État doit désormais partager cet espace avec une structure présidentielle distincte. La concurrence Pastef Kiiraay porte ainsi sur l’implantation militante et sur la capacité à incarner durablement le projet issu de l’alternance.
La création de Kiiraay Les Patriotes Républicains donne à Bassirou Diomaye Faye un ancrage politique propre. Pastef conserve pour sa part son identité, son appareil militant et son implantation. Comme l’écrit Xibaaru, cette coexistence de deux pôles issus d’une même dynamique électorale pourrait peser sur les prochaines échéances locales, où les deux camps seraient appelés à mobiliser des réseaux et des électeurs proches.
La recomposition s’est déroulée alors que des responsables et des militants ont pris leurs distances avec Pastef, notamment au niveau local. L’ampleur politique de ces repositionnements reste à apprécier, mais ils interviennent dans un contexte où le parti doit préserver sa cohésion tout en faisant face aux exigences de la gouvernance. Le coût de la vie, le pouvoir d’achat, l’emploi et la justice sociale constituent désormais des dossiers sur lesquels le pouvoir est directement attendu.
Les réajustements opérés dans l’appareil administratif ont également été observés à travers le prisme des rapports de force entre les différentes composantes de la majorité. Des changements concernant des membres du gouvernement et des responsables d’organismes publics peuvent relever de choix de gouvernance, mais ils sont aussi lus politiquement lorsqu’ils touchent des personnalités identifiées à l’un ou l’autre pôle.
La rupture institutionnelle a été précédée par le limogeage d’Ousmane Sonko de ses fonctions de Premier ministre à la fin du mois de mai 2026, avant son élection à la présidence de l’Assemblée nationale. Cette séquence a mis fin au binôme « Sonko mooy Diomaye » et a donné une nouvelle dimension à la compétition entre les deux organisations.
Le député Amadou Ba a, de son côté, qualifié les démissions enregistrées au sein de Pastef de phénomène marginal, malgré la présence de ministres, de directeurs généraux et de responsables territoriaux parmi les partants. Le PASTEF a refusé d’intégrer officiellement le gouvernement d’Ahmadou Al Aminou Lô.
