Diomaye Faye – Ousmane Sonko : trois scénarios pour l’après-rupture, du congrès du PASTEF à la dissolution

La rupture entre le président Bassirou Diomaye Faye et l’ancien Premier ministre Ousmane Sonko est désormais consommée. Le limogeage de Sonko fin mai 2026, suivi de son élection à la tête de l’Assemblée nationale et du refus du PASTEF d’intégrer officiellement le gouvernement d’Ahmadou Al Aminou Lô, a mis fin au binôme « Sonko mooy Diomaye ». Dès 2024, des tensions au sommet de l’État étaient perceptibles, avec des divergences stratégiques et des prises de distance de certains soutiens de Diomaye Faye vis-à-vis de Sonko et Pastef, comme l’ont rapporté des observateurs. Aujourd’hui, Seydi Gassama, directeur exécutif d’Amnesty International Sénégal, appelle les deux hommes à travailler ensemble pour résoudre la crise de la dette héritée de Macky Sall, un enjeu crucial pour la stabilité du pays.

BBC Afrique analyse les trois scénarios les plus plausibles pour l’avenir des relations entre l’exécutif et le législatif. Le premier congrès du PASTEF, prévu ce 6 juin 2026, servira de révélateur des forces internes du parti face à cette fracture institutionnelle.

Scénario 1 : la « cohabitation douce »

Ousmane Sonko lui-même a évoqué publiquement cette hypothèse. Dans ce cadre, le président et la majorité parlementaire dominée par PASTEF continueraient à travailler ensemble malgré leurs divergences. Les projets de loi seraient adoptés, les budgets votés sans blocage majeur. Mais pour Dr Demba Guèye, maître de conférences à l’UCAD, ce scénario est le moins crédible. Selon lui, chaque camp raisonne désormais en termes de gains politiques, et les réformes à venir deviendront des instruments de conquête du pouvoir.

Scénario 2 : la confrontation politique ouverte

Dans cette configuration, la majorité parlementaire utiliserait son contrôle de l’Assemblée pour renforcer son influence, tandis que le président chercherait à consolider son autorité. L’analyste souligne que le chef de l’État pourra dissoudre l’Assemblée nationale à partir de la deuxième année de son mandat, une échéance qui approche. Chaque acteur cherchera à maximiser son capital politique avant cette date.

Scénario 3 : la crise institutionnelle

Si les tensions s’aggravent, une crise majeure pourrait ébranler les institutions. La coexistence harmonieuse paraît difficile sur le long terme, selon l’universitaire. Le congrès du PASTEF ce samedi sera le premier indicateur de la ligne que choisira le parti. Momar Thiam, directeur de l’EHEIC, analyse la posture d’Ousmane Sonko après son limogeage, le qualifiant d’« oustaz » (maître coranique) lors de sa prise de parole du 2 juin 2026, une image qui renforce son leadership auprès des militants.

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