Panama : le nombre de navires que Washington dit retenus par la Chine

Le Panama fait l’objet d’un soutien diplomatique de plusieurs pays d’Amérique latine et des États-Unis après une décision de justice sur la gestion de deux terminaux du canal. Un communiqué conjoint publié mardi met en cause des mesures prises par la Chine contre des navires battant pavillon panaméen, dans un contexte déjà sensible autour de cette voie maritime stratégique.

Selon les informations rapportées par Al Jazeera, la Bolivie, le Costa Rica, le Guyana, le Paraguay, Trinité-et-Tobago et les États-Unis ont affiché leur soutien au Panama, tout en critiquant ce qu’ils décrivent comme une riposte économique chinoise. Les six pays affirment que Pékin a exercé une « pression économique ciblée » sur des navires panaméens après l’annulation de contrats portuaires liés à un groupe basé à Hong Kong.

Fin janvier, la Cour suprême du Panama a annulé les contrats qui permettaient à une filiale de CK Hutchison, via Panama Ports Company, d’administrer les terminaux de Balboa et de Cristobal sur le canal de Panama. La juridiction a jugé ces accords, en vigueur depuis plusieurs décennies, contraires à la Constitution. Dans leur déclaration, les six signataires estiment que les mesures chinoises intervenues après cette décision constituent une tentative de politiser le commerce maritime et de porter atteinte à la souveraineté des pays de la région.

La Federal Maritime Commission des États-Unis a indiqué que la Chine avait retenu en mars près de 70 navires battant pavillon panaméen, un niveau présenté comme largement supérieur aux normes observées jusque-là. La présidente de l’institution, Laura DiBella, a affirmé le mois dernier que ces inspections renforcées avaient été menées sur la base de directives informelles et semblaient destinées à sanctionner le Panama après le transfert des actifs portuaires de Hutchison. Elle a ajouté que ces mesures pouvaient avoir des conséquences commerciales et stratégiques pour les États-Unis, une part notable du commerce conteneurisé américain étant transportée par des navires immatriculés au Panama.

Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a déclaré sur X que Washington était « profondément préoccupé » par cette pression économique chinoise et a affirmé que les États-Unis se tenaient aux côtés du Panama. De son côté, la Chine a déjà accusé les États-Unis de « harcèlement » en Amérique latine et qualifié la décision de la Cour suprême panaméenne d’« absurde » et de « honteuse ».

Cette affaire intervient alors que le canal de Panama fait l’objet d’une attention particulière depuis les déclarations du président américain Donald Trump, qui a affirmé en janvier 2025 que la Chine « exploitait » cette infrastructure d’environ 80 km et a promis que les États-Unis en reprendraient le contrôle. D’après Al Jazeera, des responsables américains affirment également que la Chine a visé les groupes Maersk et MSC, dont des filiales ont obtenu des contrats de 18 mois pour gérer les terminaux de Balboa et Cristobal après l’éviction de CK Hutchison. Parallèlement, CK Hutchison a engagé une procédure d’arbitrage international contre l’État panaméen et réclame plus de 2 milliards de dollars de dommages et intérêts.

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