Sous la menace de Donald Trump, le Panama déploie un décret pour arracher ses ports à ce conglomérat asiatique

Le bras de fer géopolitique autour du canal de Panama vient de franchir un cap décisif. Pris en étau entre les exigences de Washington et la présence économique chinoise, le gouvernement panaméen a enclenché une procédure d’urgence pour reprendre la main sur ses infrastructures maritimes stratégiques.

Selon les informations rapportées par la chaîne Al Jazeera, l’État du Panama a saisi les deux ports situés aux extrémités de son célèbre canal, expulsant le conglomérat hongkongais CK Hutchison. Les autorités panaméennes ont fait une entrée physique directe dans les terminaux de Balboa et Cristobal pour en assumer le contrôle administratif et opérationnel. Un décret gouvernemental autorise l’Autorité maritime du Panama à occuper ces sites pour des « raisons d’intérêt social urgent ». Cette mesure inclut la mainmise sur les biens portuaires, les systèmes informatiques et les grues.

La direction de CK Hutchison a dénoncé une prise de contrôle illégale, y voyant l’aboutissement d’une campagne de l’État panaméen contre sa filiale locale, Panama Ports. Cette saisie s’appuie sur un arrêt rendu le mois dernier par la Cour suprême du pays, qui a jugé inconstitutionnelle la concession d’exploitation des deux ports accordée à l’entreprise, malgré son renouvellement en 2021 pour une durée de 25 ans.

Cette offensive juridique et administrative s’inscrit dans un contexte de fortes pressions américaines. Depuis décembre 2024, le président Donald Trump affirme que le canal de Panama est exploité par la Chine et a promis de le reprendre, en brandissant la menace d’un recours à la force militaire si nécessaire, afin de réaffirmer la domination des États-Unis sur l’hémisphère occidental.

La décision de la justice panaméenne a provoqué une vive réaction de Pékin. Le Bureau des affaires de Hong Kong et de Macao (HKMAO) du gouvernement chinois a qualifié ce jugement d’absurde et de honteux, avertissant que le pays latino-américain paierait un lourd tribut politique et économique. Le président du Panama, Jose Raul Mulino, a fermement rejeté ces menaces, soulignant que son pays respecte l’État de droit et l’indépendance de son pouvoir judiciaire face au gouvernement central.

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