Près de 800 mendiants nigériens avaient été retirés des rues de Dakar avant d’être rapatriés, mais leur retour progressif a ensuite été constaté. Cette situation a ravivé les tensions dans le quartier de Colobane.
L’opération avait été menée en décembre 2024 dans le cadre d’une campagne de sécurisation engagée sur instruction du ministre de l’Intérieur. De nombreuses femmes, des nourrissons, des adolescents, des personnes âgées et des personnes à mobilité réduite figuraient parmi les personnes interpellées.
Les investigations ont orienté la Police nationale vers l’hypothèse de réseaux criminels de traite de personnes. Ces réseaux auraient convaincu certains ressortissants de venir à Dakar en leur promettant des revenus issus de la mendicité. Des cas d’exploitation d’enfants dont les parents se trouvent dans leur pays d’origine auraient également été relevés.
Les déclarations du commissaire central de Dakar, Mamadou Tendeng, rapportées par L’Observateur et relayées par Kawtef, indiquent que le rapatriement avait été organisé avec l’appui de l’ambassade du Niger à Dakar. La Police précise aussi que la majorité des personnes concernées séjourneraient sans documents d’identification et en situation irrégulière.
Le retour des mendiants nigériens a été signalé dès le premier trimestre 2025. À la Cité Enseignant de Colobane, des riverains ont alors déguerpi des groupes installés dans des abris de fortune près des habitations et des commerces.
La Police a sécurisé les personnes déplacées avant d’ouvrir une enquête. Celle-ci aurait établi que les groupes occupaient principalement les lieux durant la nuit et étaient composés de personnes sans-abri.
Des habitants ont dénoncé des nuisances liées aux besoins naturels effectués près des maisons, ainsi que la présence de déchets et d’excréments d’enfants sur la voie publique. Ils ont également décrit une présence nocturne jugée inquiétante.
Le phénomène avait déjà conduit, en mars 2022, au rapatriement de 1 053 ressortissants nigériens depuis Dakar, dont 478 enfants. En 2025, la Police nationale a par ailleurs évacué 1 225 personnes de lieux de mendicité non autorisés et libéré 308 sites, avec 60,24 % d’étrangers parmi les personnes concernées.
