ADHA : l’intervention de l’État saluée, les victimes et les réseaux au cœur des demandes

Après son communiqué d’alerte publié le 16 août dernier, l’Action pour les Droits Humains et l’Amitié (ADHA) prend acte de la réaction des autorités compétentes et de l’action menée par la Police nationale face à la mendicité, à la traite et aux différentes formes d’exploitation qui l’accompagnent.

Dans une déclaration datée du 19 août 2026, l’organisation voit dans cette opération un premier engagement de l’État. Elle estime toutefois qu’une réponse coordonnée doit désormais être mise en place sur les volets judiciaire, social et migratoire (lactuacho).

Elle appelle les autorités à prolonger les investigations pour retrouver les éventuelles victimes, préciser les responsabilités et atteindre les personnes qui mettent en place ces activités ou en retirent des bénéfices. L’ADHA renvoie notamment à la loi n° 2005-06 du 10 mai 2005 relative à la lutte contre la traite des personnes et aux pratiques assimilées.

Dans cette démarche, l’organisation demande que le traitement réservé aux victimes ne soit pas confondu avec celui des exploiteurs. « Les victimes ne doivent pas être confondues avec les exploiteurs », rappelle-t-elle, en plaçant au cœur de la réponse publique la protection des personnes vulnérables, la dignité humaine et l’intérêt supérieur de l’enfant.

Une coopération avec les pays d’origine

Le phénomène avait déjà donné lieu, en 2025, à l’évacuation par la Police nationale de 1 225 personnes de lieux de mendicité non autorisés et à la libération de 308 sites. Les étrangers représentaient 60,24 % des personnes concernées selon ces données.

L’ADHA souhaite par ailleurs que les échanges avec les pays d’origine des personnes concernées soient intensifiés. Si les garanties juridiques et humanitaires sont réunies, des retours volontaires ou des rapatriements organisés pourraient être retenus.

L’organisation rappelle à ce titre qu’en mars 2022, le Sénégal et les pays d’origine avaient apporté une réponse concertée avec le rapatriement de 1 053 ressortissants nigériens, dont 478 enfants.

Pour autant, le retour ne saurait mettre un terme au processus. Il devrait aller de pair avec l’identification et la mise à l’abri des victimes, mais aussi avec des enquêtes destinées à faire émerger les éventuels réseaux d’exploitation.

L’ADHA invite donc les autorités à « aller jusqu’au bout » : protéger les victimes, enquêter, poursuivre les responsables, démanteler les réseaux et, lorsque le droit le permet, organiser les retours dans la dignité.

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