Une offre d’emploi alléchante qui se transforme en cauchemar, ou une demande en mariage qui conduit à l’exploitation : à l’ère du numérique, les trafiquants d’êtres humains utilisent les réseaux sociaux pour piéger leurs victimes. Face à cette menace, les Nations Unies ont réuni à Dakar des créateurs de contenus et journalistes de huit pays africains pour renforcer la prévention.
Pendant deux jours, une vingtaine de participants venus du Burkina Faso, de la Côte d’Ivoire, de la Guinée, du Mali, du Niger, du Sénégal, du Tchad et un influenceur congolais installé à Dakar ont suivi une formation intensive. Organisée par l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC) et le Centre d’information des Nations Unies (CINU) de Dakar, cette retraite visait à les outiller contre la traite des personnes, le trafic illicite de migrants et les arnaques en ligne.
Les participants ont approfondi leur compréhension des réseaux criminels grâce à des experts de l’ONUDC, tandis que la Police et la Gendarmerie sénégalaises ont partagé leurs retours de terrain. Des ateliers sur la vérification des informations, l’identification des fausses offres et la réalisation de contenus audiovisuels ont également été dispensés. Une masterclass animée par l’actrice Fatou Jupiter Touré et le créateur Macdi a montré comment professionnaliser ses vidéos avec un simple smartphone, un outil essentiel pour beaucoup de participants qui ne disposent pas d’autres moyens techniques.
Cette initiative intervient alors que des affaires récentes illustrent l’ampleur du phénomène au Sénégal. En février 2026, un réseau exploitant des jeunes Nigérianes à Yeumbeul a été démantelé : les victimes, attirées par de fausses promesses d’emploi dans la restauration, étaient contraintes à la prostitution sous la menace de la magie noire. Quelques mois plus tôt, en décembre 2025, trois autres Nigérianes avaient été secourues à Kédougou où une ressortissante étrangère les aurait soumises à une dette de 1,5 million de francs CFA pour les exploiter sexuellement.
L’un des moments les plus poignants de la rencontre a été le témoignage de Mohamed Sylla, alias Moh Sylla, un créateur guinéen. Ancien candidat à la migration irrégulière, il a raconté son périple à travers le désert, les violences des passeurs et son emprisonnement au Maghreb. De retour en Guinée, il utilise ses vidéos pour dissuader les jeunes de tomber dans ces pièges. Les participants sont repartis avec l’engagement de diffuser des campagnes de sensibilisation pour la Journée mondiale de la lutte contre la traite des personnes, le 30 juillet, selon l’ONU. Ce programme s’inscrit dans le projet PROMIS, porté par l’ONUDC et le Haut-Commissariat aux droits de l’homme, selon news.un.org.
