Dakar, samedi — Le 13e gala de la Convention des jeunes reporters du Sénégal (CJRS) s’est tenu ce week-end à Dakar. Son président, Mamadou Diagne, a profité de l’événement pour livrer un plaidoyer en faveur des jeunes journalistes, confrontés à une situation qu’il a décrite comme « entre le marteau et l’enclume ».
« Entre le marteau de la précarité généralisée et l’enclume de l’exigence professionnelle », a déclaré Mamadou Diagne, cité par EnQuête+. Selon lui, les jeunes reporters subissent une pression constante : on leur demande d’être excellents, indépendants et innovants, mais souvent avec peu de moyens et sans sécurité économique. Pourtant, insiste-t-il, « une génération, la nôtre, refuse de renoncer ».
Le président de la CJRS a interpellé les autorités et les patrons de presse pour qu’ils améliorent les conditions de travail des jeunes reporters. « Les autorités doivent assurer la protection, les patrons de presse, nos premiers alliés, doivent aussi aider à améliorer les conditions de travail et d’existence », a-t-il plaidé.
Mamadou Diagne a également lancé un appel au dialogue « sincère, responsable et courageux » entre toutes les parties prenantes. « Nous avons besoin que les autorités et les patrons de presse se parlent davantage », a-t-il souligné, estimant que la crise de la presse n’est pas celle des journalistes mais celle d’un bien public. « Lorsqu’un média disparaît, ce n’est pas seulement une entreprise qui ferme. C’est une partie du débat démocratique qui s’éteint. »
La CJRS, qui œuvre à la formation et à la professionnalisation des jeunes reporters, avait organisé en avril dernier un séminaire à Saly en partenariat avec l’ARTP sur la désinformation, l’intelligence artificielle et les formats numériques.


