Crise de la presse au Sénégal : une lettre ouverte à Bacary Sarr appelle à un dialogue urgent

Le 1er juin 2026, Bacary Sarr, universitaire et docteur en Lettres modernes, a été nommé ministre de la Communication et des Relations avec les Institutions, également porte-parole du gouvernement. Il quitte alors son poste de Secrétaire d’État à la Culture. Mais à peine installé, il hérite d’un dossier brûlant : la dégradation des relations entre l’État et la presse privée.

Dans une lettre ouverte relayée par Xalima, un professionnel des médias interpelle le ministre. Le constat est sans appel : depuis 2024, le secteur médiatique privé sénégalais est en survie. Des entreprises de presse parmi les plus anciennes du pays sont en faillite ou en restructuration, avec des réductions de salaires de 10 à 25 %. Les licenciements se multiplient. L’auteur de la lettre pointe des « sanctions politiques » : conventions publicitaires annulées, créances de l’État gelées, fonds d’appui bloqués, redressements fiscaux utilisés comme des armes. Jusqu’au CORED, l’organe d’autorégulation, qui a dû fermer ses bureaux, son personnel accumulant quatorze mois d’arriérés de salaires.

Derrière ces chiffres, des vies. Un reporter de quinze ans de métier n’ose plus rentrer chez lui à l’heure du loyer. Une technicienne a retiré ses enfants de l’école privée faute de payer le troisième trimestre. Le syndicat Synpics évoque un « exode silencieux » : une génération de journalistes expérimentés quitte le métier vers la communication ou l’étranger. L’auteur de la lettre rappelle que l’État a le devoir de réguler, mais pas d’asphyxier, et appelle à une concertation urgente avec toutes les parties prenantes.

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