Masterplan 2025-2034 : le Sénégal vise une transformation économique et industrielle

Le Sénégal prévoit de mobiliser l’agriculture, les hydrocarbures, l’industrie et la finance autour d’une même feuille de route. Le Masterplan 2025-2034 doit accélérer la transformation économique et industrielle du pays, avec un enjeu central : faire du contenu local un moteur de souveraineté économique.

Inscrit dans l’Agenda 2050, le plan repose sur neuf orientations stratégiques. Le Masterplan 2025-2034 Sénégal entend notamment professionnaliser les acteurs de l’agroalimentaire, renforcer la mécanisation, créer des agropoles, valoriser les chaînes de valeur et promouvoir l’agroécologie. Cette ambition se heurte toutefois à la faiblesse persistante de l’accès des entreprises nationales aux marchés publics. À Saint-Louis, la reconstruction de l’école Khary Mbengue, estimée à 450 millions de FCFA, est ainsi passée sous le nez des prestataires locaux, illustrant l’écart entre l’objectif de souveraineté économique et les pratiques d’attribution des grands projets.

Les industries extractives doivent également contribuer davantage à l’industrialisation grâce à la transformation locale des ressources minières, à la création de pôles miniers régionaux, au développement de la pétrochimie et à la formalisation de l’orpaillage. Dans le même temps, des zones économiques spéciales, une meilleure logistique et un accès renforcé à l’énergie sont prévus pour soutenir une plateforme manufacturière compétitive. Les technologies de l’information et de la communication, le tourisme et les industries créatives sont aussi présentés comme des secteurs à forte valeur ajoutée. La volonté de structurer un écosystème national autour des hydrocarbures s’est notamment traduite par le lancement, à Diamniadio, de la première édition du salon Africa Oil-Gas Expo par l’administration douanière.

La mise en œuvre de cette transformation repose sur un volume important d’investissements publics. En 2026, 44 projets prioritaires doivent mobiliser 633 milliards de FCFA dans le cadre du PRES, pour moderniser les routes, les universités et les infrastructures rurales. Le portefeuille couvre également l’agriculture, l’éducation, la santé, l’eau, l’électricité et le développement industriel, donnant une traduction concrète aux orientations du Masterplan.

La gouvernance économique doit s’appuyer sur une politique budgétaire rigoureuse, une rationalisation des dépenses publiques, un élargissement de l’assiette fiscale et une régulation efficace des prix. Dans son traitement du sujet, lesoleil rapporte que le président Bassirou Diomaye Faye a décrit le plan comme un changement de paradigme dans la conception et la mise en œuvre des politiques publiques, plutôt qu’une simple compilation de programmes sectoriels.

Le dispositif prévoit par ailleurs de renforcer le système bancaire afin d’accompagner des investissements projetés à plus de 25 % du PIB après la période d’investissement initial dans les hydrocarbures. Le pôle des banques publiques doit être consolidé pour financer les grands projets ainsi que les besoins des micros, petites et moyennes entreprises, des opérateurs agricoles et des particuliers. Les obligations patriotiques, la finance islamique, les fonds souverains, les partenariats public-privé, l’investissement en capital et le financement participatif sont cités parmi les instruments mobilisables.

Cette stratégie doit aussi s’appuyer sur une relance ciblée des entreprises publiques. Le Premier ministre Ousmane Sonko a exposé le Plan spécial d’Investissement et de Financement (PSIF) 2026-2028, qui vise à transformer le tissu productif national et à renforcer les poumons économiques du pays. Parmi les grands chantiers de 2028, trois entreprises publiques en crise font l’objet d’une relance prioritaire.

Pour les hydrocarbures, l’objectif affiché est d’accroître les retombées locales, de sécuriser l’approvisionnement du marché intérieur et de développer une industrie pétrochimique et de raffinage compétitive. Le secteur doit aussi favoriser l’émergence d’un hub régional de services liés aux hydrocarbures.

Le Sénégal privilégiera la production locale d’engrais afin de répondre à ses besoins et à ceux des pays voisins.

Votre avis sera publié et visible par des milliers de lecteurs. Veuillez l'exprimer dans un langage respectueux.

";

Laisser un commentaire