Mali : plus de 50 soldats tués à Anéfis, la junte d’Assimi Goïta en crise de légitimité

La junte militaire malienne est confrontée à une crise de légitimité sans précédent. L’embuscade du 18 juillet 2026 près d’Anéfis, qui a fait plus de 50 morts dans les rangs de l’armée, ébranle le régime du colonel Assimi Goïta, quatre ans après sa prise de pouvoir par deux coups d’État.

Le convoi militaire quittait Anéfis pour rejoindre Gao lorsqu’il est tombé dans une embuscade tendue par des groupes armés. Le bilan est lourd : plus de 50 soldats tués et au moins 24 capturés, selon un élu local proche des autorités. Un détail illustre la désorganisation : les paramilitaires russes de l’Africa Corps, placés en tête du convoi, ont atteint Gao sans subir de pertes, tandis que les soldats maliens, en queue, ont essuyé l’essentiel de l’attaque.

Quatre ans d’échecs sécuritaires

Depuis l’arrivée au pouvoir des militaires en 2020, la situation sécuritaire n’a cessé de se dégrader. En avril 2026, une offensive coordonnée du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM) et du Front de libération de l’Azawad (FLA) avait déjà fait tomber Kidal et coûté la vie au ministre de la Défense, le général Sadio Camara. En septembre 2025, le JNIM imposait un blocus autour de Bamako, provoquant des pénuries de carburant.

Selon Politiquematin, l’embuscade d’Anéfis marque un tournant dans la perception de la junte. Au sein de l’armée, la colère monte. « Certains de nos hommes ont été purement exécutés », confie une source militaire. Les familles des soldats réclament des comptes, alors que Bamako reste muré dans le silence sur le sort des prisonniers.

Le 17 juillet, une attaque à Téra, au Niger, a fait 16 morts et 23 blessés parmi les soldats nigériens.

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