Chaque année, la ville sainte de Touba devient le point de convergence de millions de fidèles. Le Grand Magal, dont la 132e édition se tiendra le dimanche 2 août 2026, puise ses racines dans un événement douloureux survenu à la fin du XIXe siècle : l’exil forcé de Cheikh Ahmadou Bamba au Gabon.
Né en 1853 à Mbacké-Baol, dans l’actuelle région de Diourbel, Cheikh Ahmadou Bamba Mbacké est le fondateur de la confrérie mouride. Théologien, juriste et poète, il prêche un islam fondé sur la foi, le travail et la discipline. Face à l’administration coloniale française, il opte pour une résistance pacifique, ce qui lui vaut d’être arrêté le 10 août 1895 à Djéwol. Jugé à Saint-Louis, il est déporté au Gabon le 21 septembre 1895 à bord du paquebot Pernambuc. Loin d’y voir une défaite, ses disciples considèrent cette épreuve comme une victoire spirituelle, un symbole de patience et de confiance en Dieu. C’est ce départ en exil que commémore le Magal, terme wolof signifiant « rendre hommage » ou « célébrer », rappelle BBC Afrique.
Institué du vivant du Cheikh alors qu’il était en résidence surveillée à Diourbel, le Magal a été fixé à Touba en 1947 par son fils Serigne Fallou Mbacké, deuxième khalife de la confrérie. Aujourd’hui, cette journée est marquée par des prières, des récitations du Coran, des chants religieux et d’importantes distributions de repas. Selon une étude des universités de Bambey et de Touba, l’événement génère plus de 375 milliards de francs CFA de retombées économiques, témoignant de son poids dans l’économie sénégalaise.
Pour cette édition, le président Bassirou Diomaye Faye s’est rendu à Touba les 26 et 27 juillet pour présenter les mesures prises par l’État, notamment en matière d’eau, d’assainissement, de santé et de sécurité. L’Agence nationale de l’aviation civile et de la météorologie (Anacim) a par ailleurs émis une alerte aux orages. Parallèlement, le Magal a obtenu l’accord unanime des acteurs pour une candidature à l’UNESCO en tant que patrimoine culturel immatériel de l’humanité. Des délégations d’une vingtaine de pays sont attendues cette année.
