Le lycée Blaise Diagne de Dakar a célébré mardi au Th)âtre Daniel Sorano ses nouveaux bacheliers lors d’une cérémonie de remise de diplômes marquée par la présence de l’artiste rappeur Simon Kouka. Si les excellents résultats de l’établissement ont été salués, la rencontre a également servi de tribune pour promouvoir une éducation davantage enracinée dans les réalités historiques et culturelles africaines.
Des résultats portés par un travail collectif
Le lycée Blaise Diagne confirme sa dynamique de performance ces 4 dernière années. À l’occasion de la cérémonie de remise des diplômes, la proviseure, Lota Dieng, a annoncé un taux global de réussite de 70,25 % au Baccalauréat en 2026.
« Après neuf mois d’études, après neuf mois de travail, après neuf mois d’efforts, nous avons enregistré un taux de réussite de 70,25 %, dont 100 % en S1, 73 % en L1, 72 % en L2 et 64 % en S2, avec 41 mentions, dont huit mentions Bien », s’est-elle réjouie.
Pour la responsable de l’établissement, ces performances sont le résultat d’un engagement collectif. « C’est le fruit du travail de toute une équipe. Madame la proviseure, monsieur l’assesseur, monsieur l’intendant, les surveillants généraux, les professeurs et même les gardiens sont associés à nos résultats d’aujourd’hui », a-t-elle souligné.
La proviseure a également mis en exergue l’apport de plusieurs partenaires, notamment celui de l’artiste Simon Kouka. « Il est proche des élèves et du gouvernement scolaire. Il travaille beaucoup sur le volet de la discipline et nous accompagne lors de nos cérémonies d’excellence. Simon, merci, et j’espère que vous continuerez à soutenir nos élèves », a-t-elle déclaré.
Simon Kouka plaide pour une relecture de l’histoire
Le rappeur Simon Kouka a expliqué que son engagement auprès du lycée Blaise Diagne dépasse le cadre artistique. Depuis deux ans, il intervient auprès des élèves pour les sensibiliser à l’histoire africaine et à la valorisation des savoirs du continent.
« Nous venons parler aux élèves de personnages qui ont marqué l’histoire africaine, sénégalaise et mondiale, mais dont on ne parle pas suffisamment dans les manuels scolaires », a-t-il expliqué.
Selon lui, les jeunes doivent être encouragés à approfondir leurs connaissances grâce aux outils numériques. « Nous utilisons la musique, le rap et le slam pour leur dire que ce n’est peut-être pas dans les manuels scolaires, mais qu’ils peuvent poursuivre leurs recherches avec l’intelligence artificielle et les moteurs de recherche », a-t-il indiqué.
Le programme NITÉ comme levier de transformation
L’artiste a également mis en avant le partenariat établi avec le ministère de l’Éducation nationale autour du programme NITÉ (Nouvelle initiative pour la transformation humaniste de l’éducation).
« Aujourd’hui, nous faisons le tour des écoles pour présenter ce concept qui place les valeurs humaines au cœur de l’éducation et qui va au-delà des salles de classe », a-t-il affirmé.
Il estime que les réformes en cours permettront d’accorder une place plus importante aux figures historiques et intellectuelles africaines dans les enseignements. « Le curriculum est en train d’évoluer. Les élèves découvriront davantage de références africaines dans leurs programmes », a-t-il soutenu.
Simon Kouka a en dernière instance annoncé l’organisation prochaine d’une Journée de la décolonisation des savoirs, qui réunira plusieurs figures du mouvement hip-hop sénégalais.
« Nous préparons un grand rendez-vous qui réunira les artistes et les lycées de Dakar afin d’échanger sur l’histoire, les savoirs africains et les valeurs que nous souhaitons transmettre à la jeunesse », a-t-il ajouté.
