Kiiraay et Pastef s’affrontent sur le rythme de la construction souveraine

La souveraineté est devenue le principal terrain d’affrontement entre le mouvement présidentiel Kiiraay et le parti Pastef. Les deux formations, issues de l’ancienne majorité patriotique, se disputent aujourd’hui l’héritage souverainiste tout en contestant la légitimité de l’autre à s’en prévaloir.

Selon les responsables de Pastef, le président Bassirou Diomaye Faye et son mouvement Kiiraay auraient abandonné les fondamentaux du projet patriotique. Ils dénoncent un reniement souverainiste, marqué par une incohérence entre les discours de campagne et les politiques publiques menées, notamment dans les domaines des ressources naturelles, des partenariats internationaux et de la gouvernance économique.

De son côté, Kiiraay reproche à Pastef de défendre une conception fantoche de la souveraineté, guidée par le populisme plutôt que par les contraintes réelles de l’exercice du pouvoir. Pour ses partisans, la souveraineté ne peut se réduire à une rhétorique de rupture ; elle relève d’un processus graduel exigeant méthode, stabilité institutionnelle et réalisme.

Cette confrontation discursive est révélatrice d’une mutation plus profonde : la souveraineté n’est plus seulement un projet politique partagé, elle est devenue un enjeu de concurrence symbolique. Comme l’analyste Aly Saleh l’a observé dans une analyse pour Seneplus, la fin du « monopole patriotique » pousse chaque camp à exiger des résultats concrets, rompant avec l’ère des chèques en blanc.

Un même slogan, « La souveraineté ne se décrète pas, elle se construit », est invoqué par les deux camps, mais pour des significations opposées. Pour Kiiraay, il s’agit d’accumuler progressivement des capacités économiques, industrielles et diplomatiques, en tenant compte des interdépendances internationales. Pour Pastef, cette même idée ne saurait justifier un ralentissement des engagements pris devant les citoyens : la construction souveraine doit être immédiatement perceptible dans les décisions publiques.

Lancé en juillet 2026 par le président Bassirou Diomaye Faye, Kiiraay incarne un souverainisme présidentiel et réformiste, composant avec les contraintes des organisations régionales comme la CEDEAO ou l’UEMOA. Pastef, de son côté, campe sur une ligne doctrinale et légaliste, convertissant les promesses du Projet en lois et contrôlant l’exécutif. Un troisième pôle, le FRAPP, sans fonction gouvernementale ni majorité parlementaire, maintient une posture souverainiste révolutionnaire.

La bataille ne porte donc pas sur le mot lui-même, mais sur le rythme, les modalités et la sincérité de sa mise en œuvre. Ousmane Sonko, leader de Pastef, rappelait en juin 2026 que son parti est né en 2014 du constat d’une « souveraineté inachevée », et qu’il vise à être un instrument de reconquête nationale, touchant l’économie, l’énergie et le numérique.

Kiiraay a été officiellement lancé en juillet 2026 par le président Bassirou Diomaye Faye, tandis que le FRAPP continue de porter une ligne souverainiste radicale en dehors des institutions.

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4 commentaires

  1. Kiraye dou parti amougnou base pastef du peuple n’est pas légal dé kiraye alias mimi bineta mécanicien et ass diouf marche de gré à gré un parti de détournements de deniers publics un parti de riba de mensonges
    Les sénégalais régleront leur compte avec Diomaye Faye sa fitneu ndeyou mbindi gui

  2. Kiraye rassemble des transumants.il ne peut se prévaloir la souveraineté. L’intérêt personnel est à la base de ce groupuscule.

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