Les opérateurs miniers guinéens ont commencé à construire des unités de transformation alors que le pays veut mettre fin à l’exportation de sa bauxite sans transformation locale. Les raffineries doivent toutefois composer avec un déficit énergétique et des questions environnementales, qui limitent leur capacité à fonctionner durablement à plein régime.
Premier exportateur mondial de bauxite, la Guinée cherche ainsi à accroître les revenus tirés de son secteur minier en conservant davantage de valeur sur son territoire. Pour Mamadi Doumbouya, cette évolution passe par un modèle de partenariat capable de briser la dépendance structurelle du pays à l’exportation de minerai brut. La transformation locale devient ainsi un enjeu économique et politique, au-delà de la seule construction d’usines.
En avril 2022, Mamadi Doumbouya, alors président de la transition depuis six mois, avait convoqué les sociétés minières. Il estimait que, malgré l’essor du secteur bauxitique, les revenus attendus restaient inférieurs aux attentes. « En dépit du boom minier du secteur bauxitique, force est de constater que les revenus escomptés sont en deçà des attentes », avait-il déclaré.
Cette orientation pousse les opérateurs à transformer le minerai localement, tout en les confrontant aux contraintes liées à l’énergie et à l’environnement. La réussite de cette stratégie dépendra donc autant de la capacité à produire de l’alumine qu’à établir des partenariats permettant à la Guinée de réduire sa dépendance structurelle et de mieux valoriser ses ressources. Ces éléments sont rapportés par Jeune Afrique dans un article signé Diawo Barry, correspondant en Guinée.
