Guinée-Bissau : l’opposant Domingos Simões Pereira libéré pour raisons médicales et en route pour le Portugal

La Guinée-Bissau vit sous régime militaire depuis le putsch du 26 novembre 2025 qui a renversé le président Umaro Sissoco Embalo et porté le général Horta N’Tam au pouvoir. Dans ce contexte tendu, Domingos Simões Pereira, président du Parti africain pour l’indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC) et figure de l’opposition, a été arrêté à plusieurs reprises. Ce jeudi, il a été libéré pour des raisons de santé et a immédiatement quitté le pays en direction du Portugal.

Selon un document judiciaire transmis à l’AFP, la décision de remise en liberté a été prise après que l’Hôpital militaire sino-guinéen de Bissau a estimé que sa maladie ne pouvait être soignée sur place. L’opposant doit donc se rendre au Portugal pour y recevoir des soins. D’après des sources proches du dossier, il est arrivé à Lisbonne le 24 juillet pour une période de 90 jours, tout en restant sous le coup d’une détention provisoire et d’un contrôle judiciaire. « C’est pour des raisons humanitaires légales que le juge a levé la mesure de détention préventive », a expliqué une source judiciaire à l’AFP, confirmant que les médecins militaires ont attesté de son état de santé.

Domingos Simões Pereira fait face à de lourdes accusations de la justice militaire, qui le soupçonne d’implication dans au moins deux tentatives de coup d’État fin 2023 et en octobre 2025, ainsi que dans des délits économiques. Il avait été incarcéré une première fois le jour du coup d’État de novembre 2025, brièvement libéré en janvier, puis placé en résidence surveillée avant d’être de nouveau écroué le 10 juillet 2026. Des sources au sein du PAIGC ont confié à Senenews que l’état de santé de Domingos Simões Pereira s’était aggravé pendant son incarcération. Ses avocats et son parti dénoncent des mesures arbitraires et un acharnement politique visant à l’écarter de la course présidentielle qui devait se tenir en décembre 2025.

Jeudi après-midi, des sources sécuritaires ont confirmé à l’AFP la présence de l’opposant à l’aéroport de Bissau avant son embarquement. Ce départ, sous contrainte judiciaire, intervient dans un climat de fortes tensions entre la junte et l’opposition, qui accuse les militaires de manœuvres préélectorales et de restrictions des libertés.

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