Le vendredi 10 juillet 2026, Domingos Simões Pereira, président du Parti africain pour l’indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC) et ancien Premier ministre, a été placé en détention par la justice militaire bissau-guinéenne. Convoqué le matin même devant le tribunal, il s’attendait à cette issue, comme le rapporte Jeune Afrique, et avait préparé sa défense la veille.
Cette arrestation s’inscrit dans une longue série de pressions contre l’opposant depuis le coup d’État du 1er novembre 2025. Ce jour-là, des unités militaires ont renversé le président Umaro Sissoco Embalo, quelques jours après des élections présidentielles aux résultats contestés. Domingos Simões Pereira, dont la candidature avait été bloquée, a été appréhendé et détenu jusqu’au 31 janvier 2026, date à laquelle il a été libéré et raccompagné à son domicile à Bissau.
L’opposition bissau-guinéenne voit dans cette nouvelle détention une manœuvre visant à écarter son leader avant les prochaines consultations électorales. Le PAIGC, dont les activités sont déjà entravées, dénonce une « rupture manifeste de l’ordre constitutionnel », reprenant les termes d’un communiqué publié en novembre 2025 par les avocats de Domingos Simões Pereira et d’Octave Lopes, qui exigeaient alors la libération des deux hommes et la reprise du processus électoral.
La junte, qui avait justifié son putsch par la nécessité d’éviter un bain de sang entre partisans des candidats rivaux, n’a pas communiqué de motif officiel pour cette arrestation. Domingos Simões Pereira avait déjà été convoqué en février 2026 pour une audition liée à une tentative de coup d’État, selon des sources militaires relayées par la presse locale.
