Guinée-Bissau : En pleine restriction de libertés, la thèse criminelle avancée par la junte contre Domingos Simões Pereira

La pression s’accentue sur l’opposition en Guinée-Bissau. Alors que les activités du PAIGC sont déjà considérablement entravées par les nouvelles autorités, son leader, Domingos Simões Pereira, fait face à une nouvelle étape judiciaire décisive. Actuellement restreint dans ses mouvements et privé de parole publique, l’opposant a reçu l’ordre de se présenter devant les autorités militaires ce vendredi 13 février. Si le document officiel reste muet sur les motivations exactes de cette convocation, des éléments officieux dessinent les contours d’une accusation particulièrement grave.

Selon les informations relayées par Sud Quotidien, Domingos Simões Pereira est attendu au Tribunal militaire sans qu’aucun motif formel ne lui ait été notifié. Cependant, des sources militaires indiquent que cette audition s’inscrit dans le cadre d’investigations portant sur une tentative de coup d’État qui aurait eu lieu en octobre dernier. Une accusation que l’entourage de l’opposant juge paradoxale, soulignant que les autorités actuelles sont elles-mêmes issues d’un putsch.

Cette offensive judiciaire survient dans un climat de restrictions sévères pour le PAIGC. Le siège du parti demeure fermé et les nouvelles autorités exigent désormais la modification de son drapeau, invoquant une récente révision constitutionnelle interdisant aux formations politiques l’usage de symboles nationaux. Domingos Simões Pereira, qui observe ces manœuvres depuis sa résidence où il est confiné, se trouve ainsi dans l’impossibilité de s’exprimer publiquement pour sa défense.

**Des négociations pour le retour d’Umaro Sissoco Embaló**

En parallèle de cette procédure contre l’opposition, des mouvements sont observés du côté de l’ancien pouvoir. Le vendredi 6 février, deux proches collaborateurs de l’ex-président Umaro Sissoco Embaló ont été reçus au Palais présidentiel par le général Horta N’Tam. L’objectif de cette rencontre était de discuter des garanties de sécurité nécessaires à un éventuel retour d’exil de l’ancien chef de l’État.

Cette double séquence – convocation de l’opposant principal pour atteinte à la sûreté de l’État et discussions avec le camp de l’ex-président déchu – inquiète une partie de la classe politique. Un responsable de l’opposition s’interroge désormais sur la crédibilité des élections prévues en décembre, pointant du doigt les modifications récentes du code électoral et de la loi encadrant les partis politiques.

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