La baisse du prix de l’électricité ne découlera pas automatiquement de l’arrivée du gaz naturel dans le réseau sénégalais. À Gandon, dans le département de Saint-Louis, le Sénégal a posé la première canalisation du segment nord de son futur réseau national de transport, une étape présentée comme décisive pour réduire la dépendance aux combustibles importés.
Cette section de 85 kilomètres comprend 45 kilomètres de conduite offshore jusqu’à Léona, dans la région de Louga, et 40 kilomètres terrestres à Gandon. Elle pourra acheminer jusqu’à 300 millions de pieds cubes de gaz par jour vers les pôles de consommation. Le réseau national doit, à terme, s’étendre sur 400 kilomètres pour un investissement de 650 milliards de francs CFA.
L’objectif est d’alimenter toutes les centrales électriques avec du gaz local dès 2026. Cette bascule pourrait générer 140 milliards de francs CFA d’économies annuelles, tandis que les économies liées au gaz sénégalo-mauritanien sont chiffrées à au moins 143 milliards de francs CFA. Kosmos Energy prépare notamment la phase 1+ du champ Grand Tortue Ahmeyim afin d’alimenter les marchés nationaux. Les tuyaux du gazoduc, fabriqués en Chine, doivent prochainement être acheminés, alors qu’une centrale électrique au gaz est en construction près de Saint-Louis.
Selon dakaractu, le ministre de l’Énergie et du Pétrole, Dr Abdourahmane Diouf, a toutefois précisé que la baisse du prix de l’électricité dépendra aussi de la disponibilité du gaz, du coût du transport, du rendement des centrales et de la qualité du réseau. Le gouvernement prévoit également d’adapter le parc de production, de renforcer le réseau électrique et de poursuivre les réformes du secteur. Le gaz local ne produira donc ses effets sur la facture qu’à condition que l’ensemble de cette chaîne fonctionne de manière fiable et compétitive.
Le futur réseau doit par ailleurs rapprocher le gaz des zones industrielles, notamment celles de l’agroalimentaire et de la transformation, afin de soutenir la compétitivité des entreprises sénégalaises. Le segment nord doit aussi contribuer à la coopération énergétique avec la Mauritanie dans le cadre de l’exploitation conjointe des ressources gazières.
La cérémonie de pose s’est déroulée sous la présidence du ministre. Les autorités présentent cette infrastructure comme la base d’un système énergétique davantage intégré, capable de relier les ressources gazières, les centrales électriques et les sites industriels.
Le projet prévoit enfin l’implication des entreprises nationales et la mobilisation des compétences locales, alors que la construction du réseau de 400 kilomètres doit accompagner la montée en puissance d’une filière gazière destinée à produire de l’électricité et à soutenir l’activité industrielle.
