La flambée des cours mondiaux du pétrole, portée par les tensions au Moyen-Orient, a contraint le gouvernement sénégalais à revoir profondément ses priorités budgétaires. Le baril s’échangeait à 88 dollars le 3 août 2026, alors que les prévisions initiales tablaient sur 64 dollars, d’après le Document de planification budgétaire économique pluriannuelle (DPBEP).
L’État a dû consacrer 729 milliards de francs CFA aux subventions de l’énergie en 2026, un montant bien supérieur aux 412 milliards alloués en 2025. Pour trouver ces fonds, le gouvernement a opéré une réallocation massive de 687,2 milliards de FCFA, puisés dans des dépenses de fonctionnement et d’investissement, selon les informations de Ndarinfo.
L’objectif affiché est de maintenir inchangés les prix à la pompe et les tarifs de l’électricité, malgré un contexte international défavorable. Une stratégie qui contraste avec celle de la Côte d’Ivoire, laquelle a relevé ses prix début août. Le Sénégal avait pourtant amorcé un mouvement inverse en décembre 2025, en réduisant le supercarburant de 990 à 920 FCFA le litre et le gasoil de 755 à 680 FCFA, tout en baissant de 10 % la première tranche d’électricité pour les ménages modestes.
Les arbitrages budgétaires ont épargné les secteurs jugés prioritaires : éducation, santé, sécurité, collectivités territoriales, postes diplomatiques, subventions agricoles et dépenses de personnel. Le gouvernement assure vouloir préserver les équilibres sociaux tout en maintenant la soutenabilité des finances publiques.
Le Premier ministre Ousmane Sonko avait averti en mai 2026 qu’une application stricte de la « vérité des prix » entraînerait une forte hausse à la pompe, et que les subventions pourraient dépasser 1 000 milliards dans un budget de 5 000 milliards. Le ministre des Hydrocarbures, Birame Souleye Diop, a pour sa part rappelé que la décision de ne pas répercuter les hausses mondiales relevait d’une directive du chef du gouvernement.
La Côte d’Ivoire a, quant à elle, relevé ses tarifs à la pompe au début du mois d’août.
