À partir du lundi 13 juillet, les employés de la Société nationale d’électricité du Sénégal (Senelec) arboreront des brassards rouges sur l’ensemble du territoire.
Ce geste, annoncé par la Convergence syndicale des travailleurs de Senelec (CSTS), traduit une colère qui couvait depuis plusieurs semaines. En cause, la suspension du versement de la prime sur le résultat annuel bénéficiaire (PRAB). Pour les syndicats, cette rémunération constitue un avantage acquis, fondé sur des résultats comptables certifiés. Ils dénoncent le recours à de nouveaux critères financiers comme un prétexte visant à priver les agents de leurs droits.
La CSTS estime que la situation financière de l’entreprise ne doit pas être supportée par les travailleurs. Elle rappelle que l’État sénégalais accumule des ardoises considérables : plus de 182 milliards de francs CFA au titre des consommations de l’administration, 391 milliards de compensations tarifaires impayées, 60 milliards de créances liées aux exportations d’électricité et 9 milliards dus par les concessionnaires ruraux. Un manque à gagner de 18 milliards est également imputé à la baisse des tarifs décidée par le gouvernement en 2025.
Ces tensions ne datent pas d’hier. En mai dernier, la même centrale syndicale s’inquiétait déjà des « motivations profondes » du gouvernement après un Conseil des ministres, alors que la Senelec affichait des résultats historiques, rapportait EMedia.
Face à ce qu’elle qualifie de « ligne rouge », la CSTS a fixé un calendrier de mobilisation. Après la publication de leur déclaration ce jeudi 9 juillet, les agents porteront des brassards rouges le lundi 13 juillet dès 7 h 30. Une conférence de presse suivra le même jour à la cité Keur Gorgui, avant une assemblée générale le mardi 14 juillet au siège de Vincens. Les quatre secrétaires généraux de la convergence y dévoileront le mot d’ordre d’un conflit social qui s’annonce tendu.
