Le ministre de l’Énergie et du Pétrole, El Hadji Abdourahmane Diouf, a présidé à Gandon la cérémonie marquant la pose de la première canalisation du segment Nord du Réseau Gazier du Sénégal. L’étape est présentée comme un jalon de la souveraineté énergétique du pays, alors que le Sénégal vise l’autosuffisance énergétique et 140 milliards de FCFA d’économies dès 2026.
Le futur axe doit mesurer environ 85 kilomètres. Il comprendra 45 kilomètres de conduite offshore jusqu’au point d’atterrissage de Léona, dans la région de Louga, puis 40 kilomètres de réseau terrestre à travers Gandon. La canalisation pourra transporter jusqu’à 300 millions de pieds cubes de gaz par jour. Ce tronçon s’inscrit dans un réseau gazier appelé à atteindre 400 kilomètres, pour un investissement global de 650 milliards de FCFA.
Ce tronçon doit relier le champ gazier de Grande Tortue Ahmeyim, développé avec la Mauritanie, à la centrale électrique de Gandon. Le gisement de GTA a entamé sa production de gaz naturel liquéfié fin 2024, donnant au projet Gaz to Power une base d’approvisionnement désormais concrète. Le marché de construction avait été attribué en 2025 au groupement européen Sicilsaldo. Le groupement Sicilsaldo, Enereco et Micoperi est chargé de la réalisation du segment Nord.
El Hadji Abdourahmane Diouf a rattaché cette opération à la stratégie Gaz to Power, élaborée en 2018 dans le cadre du Plan Sénégal émergent et poursuivie depuis la création du Réseau Gazier du Sénégal en 2019. L’objectif est de réduire la dépendance aux combustibles plus coûteux pour la production d’électricité et de convertir la disponibilité du gaz national en économies pour le système énergétique. Le ministre a toutefois rappelé que la construction d’un gazoduc, à elle seule, ne suffira pas à réduire le prix de l’électricité. Le résultat dépendra de la disponibilité du gaz, de la performance des centrales et de l’état des réseaux électriques.
Le projet comprend aussi un volet Gaz Industrie, destiné à rapprocher progressivement cette ressource des zones industrielles et des entreprises fortement consommatrices d’énergie, notamment dans l’agroalimentaire et la cimenterie. Le déploiement du réseau doit ainsi dépasser le seul approvisionnement des centrales pour soutenir la compétitivité des activités productives. Le ministre a également insisté sur le contenu local et la formation des ingénieurs, techniciens et soudeurs sénégalais.
Les essais d’acceptation en usine des canalisations terrestres ont été effectués en mai 2026 avant leur acheminement vers le Sénégal. Le chantier bénéficie notamment de l’appui de la Banque ouest-africaine de développement et de la Banque islamique de développement, selon les éléments rapportés par ndarinfo.
Le Réseau Gazier du Sénégal a lancé le 3 septembre une préqualification internationale pour la réalisation des segments vert, bleu et orange. Ces extensions doivent contribuer à structurer le réseau national autour de la production de GTA et à rapprocher progressivement le gaz des centres de consommation.
