France : Perturbations dans l’audiovisuel public suite à une grève

La grève de quarante-huit heures lancée ce lundi par les travailleurs de l’audiovisuel public en France a créé des perturbations notables sur divers canaux de diffusion. Plusieurs stations de Radio France, telles que France Culture et les antennes locales rebrandées sous Ici (anciennement France Bleu), ont cessé leurs programmes habituels pour diffuser des playlists musicales.
Du côté de France Télévisions, certains programmes en direct ont été interrompus ou remplacés. La direction a annoncé un taux de grévistes de 8 % pour le premier jour de la mobilisation. Cette action est soutenue par une intersyndicale comprenant la CGT, la CFDT, FO, SUD, l’Unsa et le SNJ.
Dans un communiqué, l’intersyndicale critique fermement « un carnage que prépare le projet de holding de l’audiovisuel public ». Elle considère cette réforme comme « menée à marche forcée, sans aucune concertation » et appelle à s’opposer à « un modèle où l’information, la culture et la création sont pilotées par des logiques comptables ». Cette déclaration a été lue sur notre plateforme partenaire Anadolu.
Les syndicats de Radio France expriment également leurs inquiétudes concernant « une perte totale d’indépendance éditoriale et budgétaire ». Le projet prévoit de créer une holding intitulée « France Médias », qui engloberait toutes les entreprises publiques du secteur.
Cette superstructure serait dirigée par une présidence unique, nommée par décret, avec des pouvoirs renforcés sur les budgets et la stratégie globale du groupe. Le projet, déjà voté en première lecture au Sénat, inclut d’autres mesures telles que la mutualisation des moyens techniques et la centralisation de la stratégie éditoriale. Le gouvernement affirme que l’objectif est de « renforcer la cohérence et la visibilité de l’audiovisuel public » tout en réalisant des économies structurelles.
Cependant, c’est justement cette approche budgétaire qui alarme les syndicats. La réforme cherche à réduire les dépenses alors que l’État recherche des marges dans tous les secteurs pour gérer ses déficits. Les syndicats voient cette approche comme un risque supplémentaire pour l’affaiblissement des médias publics, déjà fragilisés depuis la suppression de la redevance audiovisuelle en 2022.
Dénoncée comme une première atteinte à l’indépendance financière, cette suppression a éliminé une source directe de financement pour les médias publics, augmentant leur dépendance envers le budget de l’État. Malgré un taux de participation rapporté faible, les grévistes se sont massivement mobilisés pour contester un projet élaboré sans concertation sérieuse avec le personnel.
Les travailleurs de l’audiovisuel public affirment que cette réforme « technocratique » rompt avec « l’esprit de pluralisme et de mission de service public ». Les débats en cours au sein des députés concernant ce texte sont vus par les grévistes comme une occasion d’alerter sur l’importance cruciale de l’autonomie éditoriale et la diversité culturelle au sein de l’audiovisuel public, informations reprises de nos confrères d’Anadolu.
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