Enclavé, sans eau ni électricité : Quand Malifara, le village de Balla Gaye 2, se meurt

Enclavé, sans eau ni électricité : Quand Malifara, le village de Balla Gaye 2, se meurt

Le village de Malifara, qui reste un point d’attraction lors des combats de lutte du tombeur de Yékini, ne reflète pas forcément l’image gargantuesque qu’il incarne. Le village fait face à de réelles difficultés. Il s’agit, entre autres, de la salinisation des rizières, de la carence en eau potable, de l’enclavement et de l’obscurité.
Ces doléances demeurent une complainte des populations qui ne ratent aucune occasion pour crier leur mal-vivre. L’avancée du sel a sérieusement affecté les vallées propices à la riziculture qui fait la réputation de cette bourgade du Boudhié. Malifara, un acronyme de Malo (hippopotame) et de faro (rizière), dispose de plus de 100 hectares de terres qui ne sont plus productives à cause du sel. Pour cela, les populations demandent la construction d’un barrage anti-sel pour reprendre leur espace cultivable.

Le manque d’eau potable est aussi au cœur des préoccupations à Malifara. Il arrive que les puits qui alimentent le village tarissent. C’était le cas il y a un jour. «Le village était resté deux jours sans eau, car le seul puits s’est asséché», se rappelle un habitant. «Pour se procurer le liquide précieux, les femmes se ruent vers Kountoubou, distant de trois kilomètres», poursuit notre interlocuteur.
Au village de Balla Gaye II, le courant demeure un luxe. «Balla nous a donné un téléviseur, mais on n’a pas de courant», laisse entendre un vieux. L’électricité reste un casse-tête pour ses habitants, il faut parcourir des distances pour charger les portables. Malifara a besoin du jus pour aider ses enfants à mieux apprendre non seulement à l’école, mais aussi à la maison et leur permettre d’être en contact avec les nouvelles technologies de l’information.

L’accès aux soins de santé primaires reste impossible. Peuplé de 13 concessions, le village ne dispose pas de case de santé. Les femmes, pour faire leurs visites prénatales, sont obligées de se rendre à Sédhiou, soit une distance de 8 km. Ce trajet, effectué souvent en charrette ou en moto «jakarta», relève d’un véritable parcours du combattant.
Malifara, qui veut sortir du gouffre, souhaite que la boucle du Boudhié dont la construction est annoncée par le Président Macky Sall puisse passer par la corniche et desservir les localités de Noumbato Massaria, Bouno, Badiari Tambana…
Enfin, le  village du «Roi des arènes» réclame un bureau de vote. «Nous n’allons pas accomplir notre devoir de vote, si nous n’avons pas de bureau cette année», peste le porte-parole du village lors de son forum annuel organisé ce week-end.

Le Quotidien

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