À l’approche de la rentrée scolaire, les familles sénégalaises doivent financer les inscriptions, les fournitures, les uniformes, le transport, la cantine et diverses activités. Lorsque plusieurs enfants sont concernés, ces dépenses s’accumulent rapidement. Dans certaines écoles privées, les mensualités peuvent augmenter de 5 000 francs CFA ou davantage. Une famille dit ainsi avoir déboursé 80 000 francs CFA pour chacune de deux inscriptions, 16 500 francs CFA de mensualité et 36 250 francs CFA de fournitures.
Cette pression financière est renforcée par les difficultés de l’école publique, où certaines classes peuvent approcher 100 élèves, poussant des familles à se tourner vers le privé malgré des coûts plus élevés. Le secteur fonctionne toutefois sans barème homologué clairement appliqué à l’ensemble des établissements, ce qui alimente les écarts et l’incertitude sur le montant réel d’une année scolaire.
Justice Sans Frontière rappelle que l’éducation est un droit constitutionnel et que l’État reste chargé de la politique éducative nationale. Les établissements privés participent à cet effort, mais ils fonctionnent avec l’autorisation et sous le contrôle de l’État. Leur équilibre économique ne doit pas faire de l’école un commerce ordinaire, estime l’organisation.
Le cadre existe déjà. L’arrêté sur les frais de scolarité encadre les tarifs dans les établissements privés. L’arrêté interministériel n°007430 du 27 mars 2023 prévoit notamment, pour le préscolaire, l’élémentaire, le moyen et le secondaire général, une baisse de 10 % par rapport aux tarifs de 2021-2022, des montants minimaux selon les niveaux et un paiement mensuel des frais. Son article 5 interdit aussi de conditionner l’enseignement au paiement des frais, tandis que l’article 6 impose un affichage lisible des tarifs.
La difficulté porte donc sur l’application effective de ces dispositions. Le SELS/Authentique dénonce, dans certaines écoles privées, des cotisations pouvant atteindre 25 000 à 50 000 francs CFA. Ibrahima Kambi, secrétaire général adjoint du syndicat, demande au ministère de l’Éducation nationale de préciser les règles et de renforcer le contrôle du secteur. Il interroge également la tutelle administrative de ces établissements, entre le ministère de l’Éducation et celui du Commerce.
Dans une contribution publiée par Rewmi, Justice Sans Frontière demande que les familles puissent connaître le coût réel d’une année avant l’inscription. L’organisation veut une distinction claire entre les frais d’inscription ou de réinscription, les fournitures, l’uniforme, la cantine, le transport, les activités et les autres prestations. Elle soulève également la question du paiement du mois de juillet.
JSF propose une présentation harmonisée des tarifs, un encadrement plus précis des frais annexes, des contrôles réguliers et un mécanisme simple de réclamation pour les parents. Elle appelle aussi à une concertation réunissant l’État, les établissements privés, les associations de parents d’élèves, les organisations de consommateurs et la société civile. Le renforcement d’une école publique accessible et de qualité figure également parmi ses demandes.
Lors du Conseil des ministres du 5 juin 2024, l’État avait reconnu la nécessité de renforcer la régulation des établissements scolaires privés et de soumettre leurs tarifications à une réglementation rigoureuse.





L’état a le temps pour faire de la politique et non notre temps malheureusement