La participation des femmes aux décisions et au développement du Sénégal doit, selon Dame Sall, dépasser les discours et les mobilisations ponctuelles. Le président de l’association Femme du Sénégal plaide pour une implication réelle, une responsabilisation accrue et une meilleure reconnaissance de leurs compétences. Cette exigence se heurte encore à une sous-représentation persistante dans les lieux de pouvoir : le gouvernement compte seulement quatre femmes sur trente ministres, une situation qui a conduit cent organisations de la société civile sénégalaise à interpeller le président Diomaye Faye.
Pour Dame Sall, responsabiliser les femmes doit permettre de les associer aux projets de développement et aux espaces où se prennent les décisions. Il estime qu’aucune action durable ne peut avancer en les maintenant à l’écart. « Il faut qu’on les associe. Il faut qu’on les responsabilise », a-t-il déclaré. Au-delà de la composition du gouvernement, cette question renvoie aussi au cadre légal : au Sénégal, la loi sur la parité s’applique aux élus, mais pas aux postes stratégiques attribués par nomination. La juriste Fatoumata Gueye Ndiaye a ainsi plaidé pour une révision du texte afin de faciliter l’accès des femmes à ces responsabilités.
Le responsable s’est également montré critique à l’égard des financements régulièrement annoncés en faveur des femmes. Selon lui, ces annonces ne débouchent pas toujours sur des mécanismes accessibles aux principales concernées. Une aide ponctuelle ou une petite somme ne suffit pas, estime-t-il, à constituer un financement économique : celui-ci doit permettre à une porteuse de projet de développer son activité, de structurer son entreprise et de contribuer à la production. « Où sont ces financements-là ? », s’est-il interrogé, en appelant les femmes à mieux s’organiser pour défendre leurs besoins.
Cette dimension économique est au cœur de l’égalité réelle, qui ne peut reposer uniquement sur la présence des femmes dans les discours ou les institutions. Thérèse Diouf Faye, présidente du REFELA, a appelé à un changement de paradigme : l’égalité passe aussi par le pouvoir économique des femmes, leur capacité à entreprendre, à produire et à peser sur les orientations publiques.
Dame Sall dénonce aussi leur utilisation comme simple force de mobilisation politique. Il cite leur présence dans les salles, les rassemblements et les activités de soutien à des responsables, sans qu’elles obtiennent ensuite une place équivalente dans les instances de décision. « Nous sommes ici pour participer au développement », a-t-il affirmé.
Le président de Femme du Sénégal a précisé qu’il ne recherchait ni mandat de député ni autre fonction politique, tout en considérant que la politique et le développement restent liés, les responsables politiques étant élus pour créer les conditions du développement.
Il invite les membres de son association, notamment celles qui vivent dans les régions, à renforcer leur organisation. Il souhaite que le mouvement aille au-delà des panels, des réunions et des cotisations afin de porter des objectifs concrets dans la formation, l’entrepreneuriat et la participation aux décisions. Il présente cette démarche comme une « révolution tranquille » fondée sur l’organisation et la confiance dans les compétences féminines (thiesinfo).
Il a également abordé les questions de santé et de prévention.
