Dakar-Paris : le poulet, le beurre et l’huile plus chers au Sénégal

Dans un pays confronté à une hausse générale des prix, certains produits du quotidien sont affichés plus cher à Dakar qu’à Paris. Une comparaison devenue virale met en lumière la pression exercée sur le pouvoir d’achat des ménages sénégalais.

La vidéo avait été publiée en décembre 2025 par le TikTokeur français Simon Labas. Redevenue populaire sur TikTok et X ces derniers jours, elle met en parallèle les tarifs de plusieurs articles vendus au Sénégal et en France, alors que le carburant fait également partie des prix relevés.

Des écarts visibles sur les produits courants

La comparaison des prix à Dakar commence par le poulet entier, proposé à 2 610 F CFA le kilo, contre l’équivalent de 2 300 F CFA en France. Le beurre Elle & Vire est vendu 2 990 F CFA dans la capitale sénégalaise, alors qu’il revient à l’équivalent de 1 990 F CFA à Paris. L’huile, produit essentiel dans les foyers, atteint 6 990 F CFA au Sénégal, contre 6 000 F CFA en France.

Les différences sont encore plus marquées pour certains produits de consommation courante. Le paquet de céréales Chocapic coûte 5 250 F CFA au Sénégal, contre l’équivalent de 1 990 F CFA en France. Pour la bouteille d’adoucissant Soupline, le prix atteint 9 990 F CFA à Dakar, contre 5 600 F CFA à Paris.

À ces écarts s’ajoute la pression des coûts d’acheminement des marchandises. À partir du 1er mai 2026, Maersk appliquera une surcharge de manutention de 250 dollars, soit 151 250 F CFA, par conteneur. Cette mesure, qui peut représenter jusqu’à 211 750 F CFA de taxe par conteneur, risque d’alourdir davantage le coût des produits importés et de se répercuter sur les prix acquittés par les consommateurs sénégalais.

Ces montants ont suscité la surprise d’internautes sénégalais qui ont visionné la vidéo. Le logement et le carburant sont également cités parmi les postes qui alourdissent le coût de la vie à Dakar, après une récente hausse des prix du carburant décidée par le Gouvernement.

Le constat relayé par Senenews intervient dans un contexte où le Sénégal est présenté comme l’un des pays africains où la vie est la plus chère. Un classement de Countryeconomy, relayé en 2024 par Jeune Afrique, le plaçait au deuxième rang continental, derrière la Côte d’Ivoire.

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4 commentaires

  1. Dans notre cher pays le Sénégal les prix de vente sont fixés par les vendeurs que même d’ailleurs mes amis Guinéeens augmentent beaucoup les prix n’importe quoi dans le pays

  2. Voici le détail des prix et des écarts relevés :
    ​• Céréales Chocapic
    ​Dakar : 5 250 FCFA
    ​Paris : 1 990 FCFA
    ​Écart : +164%
    ​• Adoucissant Soupline
    ​Dakar : 9 990 FCFA
    ​Paris : 5 600 FCFA
    ​Écart : +78%
    ​• Beurre Elle & Vire
    ​Dakar : 2 990 FCFA
    ​Paris : 1 990 FCFA
    ​Écart : +50%
    ​• Huile de table
    ​Dakar : 6 990 FCFA
    ​Paris : 6 000 FCFA
    ​Écart : +16,5%
    ​• Poulet entier (le kg)
    ​Dakar : 2 610 FCFA
    ​Paris : 2 300 FCFA
    ​Écart : +13,5%
    ​Pourquoi une telle différence ?
    ​Le poids de l’importation : Les produits transformés venus d’Europe subissent des droits de douane, des frais de transport et des marges d’intermédiaires qui font doubler ou tripler les prix.
    ​Les surcharges logistiques : L’augmentation des coûts de transport maritime et les taxes portuaires (jusqu’à plus de 200 000 FCFA par conteneur) sont directement répercutées sur les consommateurs.

  3. On accuse souvent le transport maritime, mais deux preuves montrent que les prix sont artificiellement gonflés à Dakar :
    ​La preuve par la Gambie : À Banjul, ces mêmes produits importés débarquent au port et sont vendus bien moins cher qu’au Sénégal.
    ​La preuve par le Mali : Les marchandises pour Bamako débarquent à Dakar, font 1 200 km de route en camion, et finissent pourtant par coûter moins cher en boutique à Bamako qu’à Dakar même.
    ​D’où vient réellement le surcoût ?
    ​• Une fiscalité étouffante : Les produits en transit vers le Mali traversent le pays sans payer les taxes locales. Ce qui reste à Dakar subit de plein fouet la TVA (18%), le Tarif Extérieur Commun et une cascade de taxes douanières.
    ​• L’effet « Produit de luxe » : En Europe, les Chocapic ou la Soupline sont des produits de masse vendus à faible marge. À Dakar, les importateurs et la grande distribution (y compris des enseignes comme Auchan) les traitent comme des produits premium et appliquent des marges maximales.
    ​• Le monopole des importateurs : L’absence de concurrence directe et le verrouillage de la distribution sur ces marques d’importation permettent de fixer des prix élevés sans pression du marché.
    ​En clair : Le consommateur dakarois ne paie pas la distance depuis l’Europe, il paie la fiscalité locale et les marges élevées des distributeurs.

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