Pour capter les 70% de Sénégalais qui cherchent leurs produits en ligne, les leviers techniques précis transférés à près de 900 commerçants

La modernisation du commerce de proximité à Dakar ne passe plus uniquement par l’amélioration des étals, mais par une présence virtuelle devenue impérative. Durant trois jours, une vaste opération de mise à niveau a ciblé des centaines d’acteurs économiques locaux, confrontés à une mutation rapide des habitudes de consommation qui redéfinit les règles de la visibilité marchande.

Cette session de formation, qui s’est tenue du 30 janvier au 1er février à la Chambre de commerce, d’industrie et d’agriculture de Dakar (CCIAD), s’inscrit dans le cadre du programme FORCE-N. Portée par l’Université numérique Cheikh Hamidou Kane en partenariat avec la Fondation Mastercard, cette initiative a permis d’outiller près de 900 commerçants de la région. Selon les informations rapportées par Sud Quotidien, le public cible comprenait une large variété d’acteurs, allant des artisans aux tailleurs, en passant par les vendeurs de services et les tabliers.

L’enjeu central de ce renforcement de capacités repose sur une donnée statistique déterminante pour la survie du secteur informel. Babacar Top, chargé d’employabilité au sein du programme, a mis en lumière une réalité du marché local : plus de 70 % des Sénégalais effectuent désormais leurs recherches de produits et services via Google avant de passer à l’acte d’achat. L’objectif premier était donc de permettre à ces commerçants de devenir identifiables sur la fiche « Google Business », un prérequis pour capter cette clientèle élargie qui échappe aux circuits traditionnels.

Au-delà de la simple visibilité sur les moteurs de recherche, les modules dispensés ont couvert l’utilisation stratégique d’outils quotidiens. Les participants ont été formés à l’usage professionnel de WhatsApp Business, de TikTok et même de l’Intelligence artificielle pour soigner leur image de marque. Le cursus a également intégré un volet sur la gestion de la relation client (CRM), indispensable pour fidéliser les acheteurs.

Pour les bénéficiaires, cette transition numérique constitue un pas vers la structuration de leur activité. Oumar Cissé, représentant de l’Association des commerçants et industriels du Sénégal (Acis), a souligné l’importance de ces acquis pour assurer une meilleure gestion des ressources. Une démarche qui, selon les organisateurs, vise in fine à accompagner le secteur informel vers une formalisation progressive et une pratique métier plus performante.

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