Plus de 1000 arrestations, 600 dossiers transmis à l’instruction et plus de 35 milliards de FCFA saisis ou consignés. Le Pool judiciaire financier (PJF) affiche un bilan quantitatif conséquent depuis sa mise en place. Pourtant, la ministre de la Justice, Yassine Fall, a récemment dénoncé des « dysfonctionnements préoccupants » et l’absence de jugement dans des affaires de détournement de deniers publics et de blanchiment de capitaux depuis 2024.
Face à ces critiques, le président de l’Union des magistrats du Sénégal (UMS), Cheikh Ba, a pris la défense de la juridiction. Invité de l’émission Jury du Dimanche sur iTV, il a souligné, rapporte Xibaaru, que le PJF n’est pas une structure récente. « Le Pool judiciaire financier a été créé bien avant. Il y a même eu de premières nominations qui n’ont pas été confirmées avec le changement de pouvoir », a-t-il rappelé. Les magistrats actuellement en poste ont été installés en septembre 2024.
Cheikh Ba a tenu à rassurer sur la compétence des juges du PJF. Il a insisté sur leur expertise technique, acquise notamment grâce à des formations spécifiques menées avec l’appui de la coopération française. Ces magistrats disposent, selon lui, d’une solide expérience dans le traitement des dossiers économiques et financiers complexes.
Le président de l’UMS a également dénoncé la tendance à politiser les procédures judiciaires. « Il faut juger les décisions de justice à l’aune du droit, et non à travers des prismes politiques », a-t-il plaidé. Chaque dossier, regrette-t-il, devient sujet à des interprétations partisanes. Pour lui, la justice doit travailler en toute indépendance, sans céder aux pressions extérieures.
Les premiers magistrats du PJF, dont les nominations initiales n’avaient pas abouti, ont finalement pris leurs fonctions en septembre 2024.
