La révision de la carte sanitaire du Sénégal met en lumière d’importantes insuffisances dans la répartition des infrastructures et des personnels de santé sur le territoire national. Le diagnostic présenté par le coordonnateur de la CSSDOS, Dr Khalil Dia, révèle notamment que 23 départements ne disposent pas d’hôpital, tandis que 80 % des communes sont dépourvues de centre de santé, rapporte l’Aps.
Cette situation touche également Dakar, où 43 % des communes d’arrondissement ne disposent pas de centre de santé. Dans plusieurs territoires, l’absence de structures adaptées oblige ainsi les populations à se rendre dans les capitales régionales pour accéder à certains soins, notamment en pédiatrie et en chirurgie.
Le diagnostic relève par ailleurs de fortes différences dans la répartition de la population. Mbour et Keur Massar approchent les 800 000 habitants, alors que la moyenne par département est estimée à 472 000 habitants. À l’horizon 2030, toutes les régions, sauf Kédougou, devraient franchir le seuil de 600 000 habitants retenu dans les normes pour l’implantation d’un hôpital national.
Les ressources humaines constituent un autre point de tension. D’après Dr Khalil Dia, les besoins nationaux en personnel qualifié pour les soins préventifs, curatifs et promotionnels ne sont actuellement couverts qu’à 51 %, soit un déficit de 49 %.
Le ratio concernant les médecins s’établit, lui, à un médecin pour 7 000 habitants, alors que l’objectif affiché est d’atteindre un médecin pour 3 000 habitants. Les responsables souhaitent toutefois croiser ces données avec celles de l’Ordre des médecins afin d’améliorer la fiabilité des indicateurs.
