Carburant : l’UEMOA face à des écarts de prix du simple au double

Depuis le 15 août 2026, le litre de supercarburant est vendu à 990 francs CFA au Sénégal, contre 755 francs pour le gasoil. À Niamey, le même carburant coûte 499 francs CFA. Dans l’espace communautaire, les prix du carburant dans l’UEMOA varient ainsi presque du simple au double.

La Côte d’Ivoire facture le super à 905 francs CFA depuis le 1er août, après un premier relèvement à 875 francs en mai. Au Burkina Faso, le gasoil est passé à 750 francs le 10 août. Le Bénin et le Togo appliquent chacun 725 francs pour le super et 750 francs pour le gasoil.

Le Mali détient le tarif le plus élevé de l’Union pour le gasoil, à 940 francs le litre. Ces différences s’expliquent notamment par les choix de soutien public et les capacités de chaque pays à absorber la hausse des cours internationaux. Agenceecofin souligne que les tarifs sont administrés dans la plupart des États de l’UEMOA, les gouvernements prenant en charge une partie de l’écart au bénéfice des importateurs.

Au Sénégal, cette structure des prix alimente les interrogations sur le niveau de la fiscalité. Ousmane Sonko a révélé que les taxes représentent 40 à 50 % du prix de l’essence, pour 765 milliards de francs CFA de prélèvements contre 385 milliards de subventions. La hausse des prix entrée en vigueur le 15 mai 2026 s’inscrit dans cet arbitrage entre recettes fiscales et soutien aux consommateurs.

Aly Konaté, de Moncap Energie, réclame à ce titre davantage de transparence sur la structure tarifaire, la répartition des taxes et les hypothèses de calcul. L’État évoque 245 milliards de francs CFA de subventions, dont 47,27 milliards prévus pour les prochaines semaines. Avant la dissolution du gouvernement, Birame Souleye Diop, alors ministre de l’Énergie, avait par ailleurs indiqué qu’Ousmane Sonko avait commandité une étude consacrée à des pistes de réduction de la fiscalité sur les produits pétroliers.

Cette politique pèse sur les finances publiques. Les États doivent choisir entre prolonger la prise en charge d’une partie des coûts, avec un risque d’aggravation des déficits, ou augmenter les prix payés par les ménages et les entreprises.

La pression pourrait se maintenir. Le Brent, référence mondiale du pétrole, est passé d’environ 64 dollars le baril en janvier à près de 93 dollars, notamment en raison des tensions autour du détroit d’Ormuz. Le Niger conserve pour sa part un prix bas grâce à la production de sa raffinerie de Zinder, tandis que le Ghana et le Nigeria répercutent plus directement les variations internationales sur leurs marchés libéralisés.

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