« Il faudrait peut-être avoir des évidences scientifiques », a déclaré le Dr Mamadou Ndiaye au sujet de la bouillie chaude versée directement dans un sachet plastique.
Lors d’un forum communautaire consacré à la sécurité sanitaire des aliments, organisé à Dakar, l’expert en sécurité sanitaire des aliments à la FAO a appelé à la prudence. La pratique consiste à remplir un sachet avec une préparation très chaude avant de le remettre au consommateur.
Un contenant alimentaire doit rester inerte
Le spécialiste rappelle qu’un emballage destiné à recevoir un aliment doit être inerte. Il ne doit donc pas y avoir d’échange entre le contenu et le contenant.
Selon lui, « a priori, un plastique n’est pas inerte en contact de la chaleur ». Cette remarque ne permet pas d’affirmer que la consommation de bouillie conditionnée de cette manière provoque systématiquement un danger sanitaire. Elle pose toutefois la question de l’adaptation du contenant au contact avec un aliment chaud.
La bouillie chaude dans un sachet plastique s’inscrit dans les habitudes de la restauration de rue au Sénégal, où les consommateurs recherchent des repas accessibles et rapides. Mais la question du sachet ne résume pas les risques liés à ce secteur. Le 29 juillet 2026 à Dakar, le Dr Mamadou Ndiaye a également alerté sur les risques bactériens des aliments vendus dans la rue. Il a pointé la mauvaise qualité de l’eau, l’exposition des aliments aux intempéries et aux mouches, ainsi que la difficulté de contrôler les vendeurs mobiles.
À ces facteurs s’ajoute une collaboration jugée insuffisante entre les autorités. Pour renforcer la réponse sanitaire, l’expert a appelé à la tenue d’un conseil interministériel au Sénégal. L’enjeu est donc de traiter à la fois les pratiques de conditionnement, l’hygiène de la préparation et les conditions de contrôle de la vente.
Des études attendues
Pour le Dr Mamadou Ndiaye, des données scientifiques sont nécessaires afin de répondre clairement à la question du contact entre la bouillie chaude et le plastique. La sécurité sanitaire concerne aussi les emballages utilisés pour conserver, transporter ou remettre les aliments aux clients.
Comme l’écrit Seneweb, l’expert n’a pas présenté cette pratique comme un danger systématique, mais a insisté sur la nécessité de disposer de preuves avant de tirer une conclusion. Cette prudence n’efface pas les autres risques bactériens associés à la restauration de rue, notamment lorsque l’eau, la protection des aliments et le suivi des vendeurs ne répondent pas aux mêmes exigences.
Le 29 juillet 2026 à Dakar, le dixième numéro des « Mercredis de l’AJSPD » avait réuni des journalistes et des experts autour de la sécurité sanitaire des aliments de rue.
