Aliments de rue : un expert de la FAO alerte sur les risques bactériens et suggère un conseil interministériel au Sénégal

Ce 29 juillet 2026 à Dakar, le dixième numéro des « Mercredis de l’AJSPD » a réuni journalistes et experts autour de la sécurité sanitaire des aliments de rue. Dr Mamadou Ndiaye, expert en sécurité sanitaire des aliments au bureau sous-régional de la FAO pour l’Afrique de l’Ouest, a alerté sur les risques bactériens liés à ces aliments.

Selon Dakaractu, l’expert a pointé quatre problèmes majeurs. L’eau utilisée par les vendeurs est souvent de mauvaise qualité en raison du manque de dispositifs adéquats. Les aliments sont exposés aux intempéries, aux mouches et à d’autres vecteurs de contamination. Les acteurs de la restauration de rue, mobiles et difficiles à identifier, échappent souvent aux contrôles. Enfin, la collaboration entre les autorités de contrôle est insuffisante.

Pour remédier à cette situation, Dr Ndiaye a appelé à la tenue d’un conseil interministériel au Sénégal. Il a également souligné la nécessité de mettre en place un dispositif d’évaluation des risques pour identifier les filières prioritaires et les contaminants à surveiller. « Si nous avons la viande ou le poisson après cuisson, il faut maintenir la chaîne du chaud, et pour les jus, les garder frais », a-t-il conseillé, insistant sur l’importance de limiter la prolifération des bactéries.

Ces recommandations interviennent dans un contexte alarmant. Chaque année en Afrique, 91 millions de personnes sont touchées par des aliments impropres, entraînant 137 000 décès, selon l’OMS. Au Sénégal, des études récentes ont révélé que 82 % des sachets d’eau analysés étaient impropres à la consommation et que près de 74 % des échantillons d’épices étaient contaminés aux staphylocoques.

Dr Ndiaye a aussi insisté sur la formation des acteurs et le renforcement des moyens logistiques des services de contrôle. Le guide d’évaluation des systèmes nationaux de la FAO peut aider à élaborer des politiques adaptées. En avril 2026, le Sénégal, le Mali et le Burkina Faso ont déjà activé un mécanisme de traque en temps réel des aliments impropres.

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