Lors de la séance académique solennelle de l’Académie nationale des sciences et techniques (ANSTS), le chef de l’État Bassirou Diomaye Faye a renouvelé avec force ses ambitions de souveraineté alimentaire, alors même que les outils de la recherche agricole nationale traversent une période de fragilité. Il a appelé à l’élaboration d’un pacte national de souveraineté alimentaire, fondé sur la science, une gouvernance concertée et l’implication de tous les acteurs (Le Soleil).
Cette souveraineté ne se résume pas à une simple disponibilité des denrées, a-t-il souligné, tout en sonnant l’alarme sur le recul des filières scientifiques dans l’éducation. Le président a réaffirmé son objectif d’un système agro-alimentaire transformé, où la recherche et l’innovation jouent un rôle central, avec pour ambition de réduire la dépendance extérieure du pays.
Cette ambition se heurte pourtant à des réalités de terrain. Les principaux instituts de recherche, comme l’Institut sénégalais de recherches agricoles (ISRA) et l’Institut de Technologie Alimentaire (ITA), sont confrontés à des difficultés budgétaires chroniques. Chercheurs et techniciens évoluent dans la précarité, les laboratoires vieillissent et les projets stagnent, un paradoxe déjà documenté au printemps dernier.
Dans ce contexte, le gouvernement a déjà adopté en juin, selon l’APS, un nouveau cadre juridique pour les secteurs agricole, pastoral et halieutique. Mais les défis restent immenses : les pertes post-récoltes atteignent jusqu’à 40 % sur des filières stratégiques comme l’oignon et la pomme de terre. Pour y remédier, un projet d’infrastructures de stockage a été lancé en février à Keur Moussa, visant à améliorer la conservation et l’écoulement des productions.
Le président Faye a fixé l’horizon 2050 pour faire de la souveraineté alimentaire une réalité tangible.

C’est vraiment être à court d’idée !