Dans la commune de Keur Moussa, une étape décisive pour la souveraineté alimentaire a été franchie ce mardi. Les ministres Serigne Guéye Diop et Mabouba Diagne ont lancé les travaux d’une infrastructure majeure destinée à sécuriser les récoltes dans la région de Thiès. Ce projet marque le début d’une offensive nationale contre le gaspillage agricole.
C’est à Ngomène que le gouvernement a choisi d’implanter le premier maillon de sa nouvelle stratégie logistique. Le ministre de l’Industrie et du Commerce, accompagné de son homologue de l’Agriculture, a procédé à la pose de la première pierre du projet baptisé « Agricool ». Cette initiative vise à moderniser radicalement la chaîne de valeur en introduisant des technologies de conservation sous atmosphère contrôlée, une nécessité pour accompagner la hausse des rendements agricoles.
L’infrastructure annoncée affiche des dimensions industrielles. Avec une capacité initiale de 250 000 tonnes, elle est calibrée pour accueillir 200 000 tonnes d’oignons et 50 000 tonnes de pommes de terre. Selon les informations relayées par Sud Quotidien, le site pourrait, à terme, atteindre une capacité d’un million de tonnes, permettant ainsi de couvrir les besoins de consommation sur l’ensemble de l’année.
Un objectif « zéro perte » d’ici deux ans
L’enjeu de cette installation dépasse le simple stockage. Il s’agit de s’attaquer à une hémorragie économique structurelle : les pertes post-récoltes. Les autorités estiment que 30 % à 40 % de la production nationale disparaissent chaque année faute de conservation adéquate. Avec ce dispositif intégrant producteurs, commerçants et opérateurs, l’État affiche l’ambition de supprimer totalement ces pertes dans la zone de Ngomène d’ici deux ans.
Ce projet s’inscrit dans un maillage territorial plus vaste. D’autres installations similaires sont programmées dans des zones stratégiques comme Potou, Matam, ainsi qu’en Casamance et dans l’Est du pays. À l’horizon 2027, Kayar devrait bénéficier d’une unité complémentaire de 2 500 tonnes, tandis que Podor figure également sur la feuille de route du déploiement national.
Cette montée en puissance logistique intervient dans un contexte favorable. Les récoltes records enregistrées ces dernières années ont déjà permis au Sénégal, selon les autorités, de se passer d’importations de pommes de terre cette année, validant ainsi la pertinence de cette stratégie de souveraineté alimentaire.