Babacar Gaye : « Les marchés ont déjà restructuré notre dette à notre place »

L’économiste-statisticien Babacar Gaye a livré une analyse tranchée sur la situation financière du Sénégal dans un entretien à L’Observateur. Il qualifie la polémique autour de la « dette dite cachée » de « non-sens » et de « non-débat », estimant qu’il s’agit avant tout d’un problème de « sincérité comptable ».

Selon lui, le véritable enjeu n’est pas le montant de la dette mais son « efficience » et son impact sur la croissance nationale. « Le service de la dette absorbe l’essentiel de ce que nous prélevons », alerte-t-il, comparant la gestion actuelle à « un ménage qui paie son crédit avec sa carte bancaire ». Il préconise une stratégie de désendettement fondée sur l’efficience plutôt que sur une simple augmentation de la fiscalité. Cette analyse a été reprise par pressafrik, qui souligne l’importance du débat sur la sincérité comptable.

Sur le volet des relations avec le FMI, Babacar Gaye juge la restructuration inévitable : « À ce cours, les marchés ont déjà restructuré notre dette à notre place », souligne-t-il. Il encourage les autorités sénégalaises à adopter une posture proactive en présentant leur propre plan pour éviter le « diktat du FMI ». « La souveraineté ne se proclame pas dans les meetings ; elle se construit, ligne après ligne, dans nos recettes », conclut l’économiste.

Pourtant, le ministre des Finances Cheikh Diba a fermement écarté cette option à l’Assemblée nationale : « Nous sommes contre la restructuration. Ce n’est pas une question d’orgueil. » Le gouvernement mise sur une gestion active de la dette comme alternative. De son côté, l’économiste Mor Gassama rappelle que la restructuration intervient quand un pays n’arrive plus à faire face à ses engagements, ce qui n’est pas le cas du Sénégal selon lui. Mais elle peut offrir une annulation partielle ou un rééchelonnement, avec des économies de dizaines à centaines de milliards de FCFA. Le débat divise jusqu’au sein de la société civile : Alioune Tine recommande au contraire de choisir la restructuration et de négocier avec le FMI, s’appuyant sur le rapport Ndiaye/Kessler qui en détaille les avantages et inconvénients.

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Un commentaire

  1. Merci pour vos analyses ! Je le rappelle le Sénégal est un pays PÉTROLIER, GAZIER ET MINIER ! Il a les moyens de garantie de SOLVABILITÉ DE SA DETTE ! Ne restons pas sur la posture de qualificatif de cette dette ! Regardons ce que le Sénégal a en propre pour faire face dans un contexte d urgences énergétiques tendus à cause des conflits et dans tirer des conséquences d une bonne gestion des ressources naturelles du Sénégal !

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