Au Sénégal, le thiéboudiène ne se prépare pas pour soi seul de la même manière que pour des proches

Au Sénégal, le poisson fournit 43 % des protéines animales consommées par la population, selon l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). Un chiffre qui donne la mesure d’un ingrédient central du thiéboudiène, le ceebu jën wolof, littéralement « riz au poisson ».

Chez Ndeye Ndiaye Cissé, 43 ans, la préparation est un rituel transmis par sa mère depuis ses onze ans. Dans sa cuisine des Parcelles Assainies, à Dakar, le bouillon rouge frémit, mêlant tomate, tamarin et épices. « Quand on reçoit des invités, le premier plat auquel on pense, c’est le thiéboudiène », confie-t-elle à Xinhua. Une enquête de News révèle que 90 % des familles dakaroises préparent ce plat au moins une fois par semaine. Le plat se partage, jamais pour soi seul, et le fond de la marmite, le xoon, légèrement grillé, est très attendu.

Un patrimoine reconnu par l’UNESCO

Inscrit en 2021 sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité, le ceebu jën a gagné une notoriété internationale sans perdre son ancrage local. Amina Diallo, habitante de Dakar, ne conçoit pas de le manger seule : « C’est un plat qu’on mange avec sa famille, autour du même bol. » Chaque convive pioche devant lui, tandis que l’hôte rapproche un morceau vers un invité, geste qui incarne la téranga, l’hospitalité sénégalaise.

Le thiéboudiène traverse les classes sociales. Dans les gargotes populaires, il coûte entre 1 000 et 2 000 francs CFA, mais peut dépasser 10 000 francs dans les restaurants huppés. Le riz, venu d’Inde, du Brésil ou de Thaïlande selon la Banque mondiale, côtoie le poisson de la côte et les légumes du marché. Un plat qui raconte aussi la mondialisation.

La gastronomie sénégalaise en quête de reconnaissance

Cette valorisation du thiéboudiène s’inscrit dans un mouvement plus large. L’association Djiiwerore de Bougotir a organisé une journée gastronomique diola à Dakar, mettant à l’honneur l’Etodjé et le Fileuf, des préparations à base de manioc et de palmistes. Son objectif : promouvoir le « 100 % bio » et plaider pour une reconnaissance internationale. L’événement s’est tenu le 17 février 2026 à Dakar.

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